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samedi 15 novembre 2014

Anthonia Abrial, les aspects d’une vie



Abrial, voilà un patronyme pas banal à Aubière. Original mais fugace. Forme méridionale d’avril, nous dit le maître Albert Dauzat. Natif du mois d’avril ou sobriquet de celui qui annonce le printemps. Il apparaît pour la première fois dans la 3ème transaction du 21 avril 1496 entre Louis, seigneur d'Aubière, et les habitants d'Aubière, au sujet des droits seigneuriaux, avec Guiot Abrial, qui se fait aussitôt oublié. Ce nom de famille réapparaîtra moins d’un siècle plus tard, pour disparaître définitivement au début du XVIIème siècle.

Extrait du contrat de mariage du 24 janvier 1591
(Archives départementales du Puy-de-Dôme - 5 E 44 6)

Ce n’est pas par un acte qui concerne directement Anthonia Abrial que le patronyme refait surface, le 24 janvier 1591, mais pour le mariage de sa fille, Agnès Morel :
Contrat de mariage du 24 janvier 1591 « entre Ollivier Aubeny, fils à Pierre, mari de Françoise Obby, laboureurs habitants d'Aubière, et Agnès Morel, fille à feu François et Anthonia Abrial, sa veuve, et à présent femme d’Anthoine Esclany, soussigné. En présence de Michel Perol, fils à feu Anthoine, tuteur de la future qui l'autorise. Dot de la future espouze : une terre dans la justice de Montferrand et au terroir du Port Dieu, contenant trois quartellées, joignant à la terre des hoirs de feu Jehan Vialeveaux d'une part, et la terre de François Gioux d'autre ; plus une autre terre en lad. justice et au terroir du P...?, contenant trois quartellées, joignant à la terre de Michel Pérol d'une part, et la terre de Guillaume Noellet d'autre ; plus une autre terre en ladite justice et terroir, contenant trois quartellées, joignant la terre d'Estienne Mallet d'une part, et un rif d'autre à midy ; plus une autre terre contenant trois quartellées, située dans lad. justice et terroir, joignant à la terre de François Gioux d'une part, et la terre de Guillaume Noellet d'autre ; plus une vigne contenant deux heuvres, située dans la justice d'Aubière et au terroir du Creux des Mallades, joignant la vigne de Guillaume Decor d'une part, et la vigne de Guillaume Noellet d'autre, lad. vigne faisant deux parcelles ; plus une autre vigne contenant une heuvre, située en lad. justice et au terroir de Mallemouches, joignant à la vigne de Chaptard Vedel d'une part, et la vigne de Michel Bonabry d'autre ; plus un petit pré contenant un quart d'heuvre, situé en lad. justice et au terroir de la Saigne, joignant au pré de Me Jehan Taillandier d'une part, et le pré des hoirs de Michel Charrier d'autre ; plus une robbe de nopces bonne et honneste sellon la quallité des parties (...). Et ledit futur espoux a promis d'habiller lad. espouze d'une autre robbe de ...? bonne et honneste selon sa quallité et de l'enjoyaller (...). Fait à Aubière en la maison dudit Esclany en présence d'honorable homme Me Jacmet Dumolin, greffier dud. Aubière, soussigné ; Jacques Vialevaux ; François Morel [frère de la future] ; François Vialevaux ; Anthoine Aubeny ; Jacques Aubeny ; et messire Pierre Pin, curé dudit lieu, soussigné » (Me Guillaume Aubény, notaire à Aubière, 5 E 44 6 - A.D. 63).
Anthonia Abrial est sans doute née aux alentours de 1550. Peut-elle avoir un lien de parenté avec Guiot qui était chef de feu en 1496 ? Dans ce cas, elle pourrait être l’arrière petite-fille de Guiot. Elle va se marier deux fois : vers 1570 avec François Morel qui décède avant 1580 ; vers 1580 ensuite avec Anthoine Esclany, le marchand. On lui connaît cinq enfants : François, Agnès et Michelle Morel, puis Michelle et Ollivier Esclany.
On retrouve Anthonia Abrial pour le mariage de son fils aîné : contrat de mariage du 9 janvier 1593 entre François Morel et Mariette Ribeyre (Me Guillaume Aubeny, notaire à Aubière, 5 E 44 8 - A.D. 63). Puis pour son testament en date du 20 juin 1597 : « Anthonia Abryal, femme à Anthoine Esclany, a fait son testament en ma présence. A donné son âme à Dieu (…) ; a donné au curé et aux prêtres dudit Aubière (…), plus un cuvaige, situé dans le lieu d’Aubière et au quartier de la Fontaine, jouxte le mur dud. Aubière d’une part, et la rue commune d’autre partie. A donné et lègue à Ollivier Esclany son fils, le cuvaige cy dessus confiné ; plus le quart du molin, situé dans le lieu d’Aubière et au quartier de la Fontaine ; plus la moitié d’une maison située au quartier du chasteau, joignant à la muraille dud. Aubière d’une part, et la maison d’Anthoine Barbeyron d’autre, avec la moitié du chazal de grange au Chambon. A donné à Agnès Morel, fille de feu François Morel son premier mary, à présent femme à Ollivier Aubeny, la somme de vingt …? » Témoins : Michel Dégironde Maugue, Anthoine Dégironde, Guillaume Noellet, Anthoine Vairs, Jehan Pezand, Pierre Tourgon (Me Guillaume Aubény, notaire à Aubière, 5 E 44 12 - A.D. 63).
Quelque chose nous interpelle dans son testament. Ce n’est pas qu’elle lègue le quart d’un moulin ; les propriétés indivises étaient fréquentes même à cette époque. Mais c’est que le moulin de la Fontaine, qui sera propriété du seigneur au XVIIIème siècle, soit celle d’un particulier en 1597 ! En tous cas, c’est la première mention de ce moulin dans les textes.
Notons ici le passage éclair d’un certain François Abrial, parrain lors du baptême du 4 novembre 1601 de Catherine Degironde, née le même jour, fille à Michel Degironde et à Jehanne Roussel. Parrain : François Abrial ; marraine : Catherine Degironde (R.P. Aubière, B.M.S. – 6 E 14/1 - A.D. 63). Il ne réapparaît plus par la suite.

Enfin, arrêtons-nous, encore avec Anthonia Abrial, pour le contrat de mariage du 7 octobre 1603 entre Jehan Pironnet, fils à Pierre, marchand boucher d'Olhiergues, et Michelle Esclany, fille d'honorable personne Anthoine Esclany, habitant du lieu d'Obiere, et d'Anthonia Abrial. La dot de Michelle se compose ainsi, outre un lit de plume garni avec tour de lit à rideaux, coffre fermant à clef garni, draps, nappes, robbes et autres linges…, elle reçoit « une vigne, appelée la Guerade, de dix heuvres, située à Obyere et au terroir de la Bezou ; plus une terre de dix cartellées avec ses arbres, située à Obiere et au terroir des Sauzes, sine de la Pointe du Renard ; plus une autre terre de dix cartellées, faisant deux parcelles, située à Obiere et au terroir des Gravins ; plus un pré appelé la l… ? de Chantoing, contenant une heuvre, situé dans la justice de Montferrand et au terroir du Granouiller ; plus un autre pré de deux heuvres, dans la justice d'Obiere et au terroir de Laschamps, jouxte le pré d'Anthoine Jehan d'une part, et le pré de la cure dudit Obiere d'aultre partie ; plus une maison avec ses aizes, située dans ledit lieu dhobiere et au cartier de la Font, au dessus du molin La future épouze reçoit de son futur époux une robbe … bagues et joyaux d'une valleur de quarante cinq livres… Fait et passé audit Hobiere dans la maison dudit Esclany, en présence de messire François Noellet prêtre dudit Obiere, d'honorable homme Me Jamet du Mollin, greffier dudit Hobiere, d'Anthoine Pironnet, procureur d'office du bailliage d'Olhiergues, de Nohel Bleine, greffier dudit Olhiergues, qui ont tous signé avec les parties, exceptés ladite épouze et Jehan Pironnet. » (Me Guillaume Aubény, notaire à Aubière, 5 E 44 18 - A.D. 63).
Je veux bien qu’à cette époque la notion d’orthographe était fort différente qu’elle ne l’est de nos jours, mais quand même, maître Guillaume ! Là, t’abuse un peu !

© - Cercle généalogique et historique d’Aubière – Pierre Bourcheix.


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