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jeudi 14 août 2014

Registre d’audience du Bailliage d’Aubière_11



commencé le 6 avril 1767

Cet épais registre, issu des archives communales d’Aubière, rassemble les jugements rendus à Aubière par le bailly Thoury entre 1767 et 1780.

Le bailli était, dans l'Ancien Régime français, le représentant de l'autorité du roi dans le bailliage, chargé de faire appliquer la justice et de contrôler l'administration en son nom. La juridiction en charge d'un bailli s'appelle un bailliage. En France méridionale, le terme généralement utilisé était sénéchal et la circonscription la sénéchaussée.
Mais il s’agit ici du bailliage seigneurial d’Aubière (les baillis royaux ayant perdu leur pouvoir au XVIème siècle).

Le notaire Thoury, bailli seigneurial d’Aubière, était néanmoins conseiller du roi en la ville de Clermont-Ferrand. C’était en quelque sorte un juge de proximité au service du seigneur d’Aubière.

Histoires de soupiraux de caves

Des enfants jouent sur le quartier des caves à Aubière et… disparaissent subitement ! Des adultes traversent ce même quartier et tout à coup se foulent une cheville ou se cassent une jambe ! Le procureur enquête.
Les enfants sont retrouvés en pleurs, plus ou moins en « bon état » au fond des caves. Tout cela parce que les soupiraux ne sont pas grillagés. Les responsables vont payer !

Soupiraux du quartier des grandes caves d'Aubière.
Depuis un arrêté municipal de 1821,ils ont été surmontés d'une maçonnerie ;
un croisillon de fer protège des chutes.

Du mardi 13 juin 1780

Le procureur ne perd pas de temps, le bailly en aura pour son argent !
Neuf Aubiérois, tous vignerons, vont être ainsi convoqués devant maître Thoury : Gilbert Taillandier le jeune, Michel Brolly dit la Blaye, François Villevaud dit Chapat, Martin Aubény, François Dégironde dit Chanterelle, autre Gilbert Taillandier, Jacques Pignol dit le Barron. (1)
Ceux-là sont tous condamnés à « faire griller le soupirail de leurs caves dans la journée, pour éviter les accidents qui pourraient arriver aux enfants et autres personnes qui passent dans ce quartier des caves ». En sus, ils doivent payer une amende de 20 sols. Seul François Villevaud, qui a trois caves, dont deux en commun avec Pierre Besseix et François Arveuf, a un délai de trois jours pour faire le travail.

Registre d'audience du bailliage d'Aubière - page 54 (partielle)
(Archives communales d'Aubière)

Les deux derniers sont cousins ; il s’agit de François et Jean Nouellet (lire Noellet). Ils sont convoqués le même jour mais pour un motif un peu différent. (2)
Ils sont condamnés à 20 sols d’amende et à « détruire dans les trois jours le soupirail qui se trouve entièrement dans le chemin commun ». Si le soupirail ne menace pas l’intégrité des personnes, il gêne la libre circulation des voitures.

Notes [tous les mariages ont eu lieu à Aubière] :
(1) – Note généalogique sur les condamnés : Gilbert Taillandier le jeune (né en 1738, marié en 1764 avec Françoise Martin) ; Michel Brolly (né en 1739, marié en 1767 avec Jeanne Baille) ; François Villevaud dit Chapat (né en 1724, marié en 1753 avec Françoise Baille) ; Martin Aubény (né en 1724, marié en 1749 avec Anne Bernard) ; François Dégironde dit Chanterelle (né en 1735, marié en secondes noces en 1769 avec Michèle Baile) ; autre Gilbert Taillandier (né en 1745, marié en secondes noces en 1770 avec Marie Cougout) ; Jacques Pignol dit le Barron (né en 1742, marié en 1765 avec Jacquette Dégironde).
(2) – François Nouellet (ou Noellet) est né en 1722 et s’est marié avec Marguerite Moneron en 1749 ; Jean Nouellet, son cousin germain, est né en 1726 et a épousé Antoinette Chatanier en 1755.

© - Cercle généalogique et historique d’Aubière – Pierre Bourcheix




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