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vendredi 7 septembre 2012

Place des Ramacles



Histoire des rues d’Aubière

Place des Ramacles
  
Aujourd’hui, c’est la place principale d’Aubière. La Poste et les principaux commerces de « centre-bourg » sont autour de cet espace. Embellie, il y a quelques années, avec l’aménagement des berges de l’Artière et de la rive sud de notre impétueux ruisseau, la place des Ramacles est devenue un centre de vie et d’animations incontournable. La fête foraine, éloignée pendant de trop longues années, s’est à nouveau installée dans sa partie est.
Le marché dominical n’est pas la moindre de ses attractions régulières. Il attire jusqu’à dix mille chalands de toute l’agglomération de Clermont-Ferrand. Il est le plus important marché du Puy-de-Dôme !

La signification de « Ramacles ». Autrefois, les Ramacles étaient une vaste esplanade humide, propriété du seigneur, entre les remparts et l’Artière. Elle descendait en pente douce vers l’Artière et était plantée de saules, de vergnes ou de peupliers. Le baron d’Aubière, une fois l’an, autorisait les Aubiérois à « faire la mayère », c’est-à-dire tondre toute la ramure des saules ou autres vergnes (aulnes) ; à Aubière, on disait aussi faire les remailles. Ce dernier mot a donné remacle(s) puis ramacles, d’où la place des Ramacles.

Lieu d’exécution. Ce territoire, hors les murs, avait une autre réputation pendant le Moyen-âge : c’est là que se dressaient les fourches patibulaires (elles furent détruites à Aubière en août 1793. La place des Ramacles devient alors publique, lieu de réunion de la population et place d’armes pour la Garde nationale).

Les fourches patibulaires

Les fourches patibulaires : gibet à plusieurs piliers qu’on élevait en dehors du bourg pour exposer les condamnés à mort après leur pendaison.
C’est aussi sur cette place que fut guillotiné, devant 15.000 personnes, François Montel, l’assassin de Jean Foulhouze, notaire et maire d’Aubière, en 1847. Ce fut la dernière exécution capitale à Aubière.

Une croix avait remplacé les fourches patibulaires : la croix des Ramacles. Dans la nuit du 18 au 19 août 1879, des vandales mirent à bas la croix et la brisèrent en plusieurs morceaux. Des paroissiens ramassèrent les débris. L’un des morceaux a été scellé sur le toit d’une grange (photo ci-dessous).

La partie haute de la croix des Ramacles
  
Les maisons de la façade nord de la place sont construites sur les anciens fossés du bourg et masquent complètement les remparts. La plupart de ces maisons ont été construites au XVIIIème siècle, et on y accédait alors uniquement par les impasses à l’intérieur du bourg. Les Ramacles étaient alors propriété du seigneur. Un siècle plus tard, les Aubiérois voulurent accéder à la place devenue publique directement de leur maison. Les portes de cuvage furent alors ouvertes et on construisit les ramaclés (voir plus bas).

Place des Ramacles d'après le plan cadastral de 1831
  
Le kiosque à musique. Construit en 1884 et 1885 à l’emplacement de la croix des Ramacles, il a été pendant près d’un siècle le lieu de rendez-vous de tous les mélomanes de l’agglomération clermontoise, le piédestal de nos harmonies-mères que furent « La Gauloise » et « Les Enfants d’Aubière ».

La place des Ramacles dans les années 1950
et le kiosque à musique au premier plan

La fontaine des Ramacles. Citée dès le Moyen-âge, elle a été longtemps le seul point d’eau public, avec l’Artière, pour toute la population aubiéroise. Elle a disparu durant les travaux évoqués plus haut dans le premier paragraphe.

La fontaine des Ramacles
  
La fontaine Knox date de 1969. Elle a été offerte à la ville d’Aubière en 1969 par William Knox, officier américain. Par ce geste, il voulait remercier la population aubiéroise de l’accueil qu’elle avait offert aux soldats américains stationnés à Aubière en 1918.


Inauguration de la fontaine offerte par William Knox
(à la droite du docteur Digue, maire) en 1969
Les Ramacles et ses ramaclés dans les années 1950


Les ramaclés. Ce sont ces escaliers qui enjambent le trottoir place des Ramacles. Aujourd’hui, on pourrait se demander pourquoi. Il n’en reste plus que trois, me direz-vous. Non, il en reste quatre ! Celui que vous ne comptez pas se trouve proche de la Police municipale ; c’est le plus petit et c’est certainement le premier à avoir été construit dans la première moitié du XIXème siècle pour enjamber non pas un trottoir mais un béal. Ce dernier avait pour but principal de faire tourner deux moulins, l’un à l’ouest des Ramacles, l’autre à l’est, à l’entrée de la rue Voltaire (voir le plan cadastral de 1831, ci-dessus).

Les Ramacles en 2012

Les lavoirs. Il y en avait plusieurs soit sur l’Artière soit sur le béal. Au début du XXème siècle, on se demandait si c’était le linge qui salissait l’eau du béal ou l’inverse… (voir la prière d'un petit ruisseau)

Lavoirs sur le béal des Ramacles en 1904

Rue des Ramacles, vue de la place de l'île, il y a un siècle
Rue des Ramacles dans les années 1960,
vue depuis le pont des Ramacles

Rue des Ramacles
Elle joint la place du même nom à la place Jean-Jaurès, notre prochaine étape.

Rue des Ramacles en 2009


Voir la Porte des Ramacles (rue Voltaire)


© Cercle Généalogique et Historique d'Aubière





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