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lundi 5 mars 2012

Antoine Dubois (1754-1836) - 6


Antoine DUBOIS, Curé de Saint-Nectaire

Église de Saint-Nectaire

Transport des reliques de Farges à l'église de Saint-Nectaire

"Nous Jean-Baptiste Conort, succursalier de la commune de Saint-Nectaire, pour procéder aux opérations ordonnées par le mandement de M. de Begon, grand vicaire de ce diocèse, du vingt-cinq août mil huit cent trois ; duquel avons donné connaissance et communication au maire de cette commune, ainsi que de la commission qui nous est enjointe relativement au transport des reliques qui étaient dans l'église de Saint-Nectaire et qui ont échappé à la fureur des Vandales et soustraites par Donat Dubois fils aîné, maire à cette époque.
Requérons la présence du maire ou de l'adjoint actuel de la dite commune, fait en notre presbytère le 27 août 1803."
Conort, desservant.

"Vu par nous maire l'ordonnance ci-dessus précitée, pour la sûreté des citoyens Conort et Dubois ; attendu qu'il est certain qu'à l'époque de la révolution, la nation s'est emparée du buste de St-Nectaire qui était en argent massif et lequel buste a été livré au ci-devant district de Besse par la municipalité.
Ordonnons qu'il en sera fait mention dans le procès-verbal ; lequel contiendra un sommaire recollement des nouveaux avec les anciens procès-verbaux ; afin que le tout étant dûment constaté, puisse servir à la postérité. Fait en mairie à Saint-Nectaire, ce sept fructidor an onze de la république française."
Tesseidre, maire.

Reliquaire de Saint Baudime

"Nous Jean-Baptiste Conort, desservant de cette paroisse, commis par M. Begon vicaire général de ce diocèse à l'effet du transport des reliques de l'église se Saint-Nectaire, qui sont présentement au pouvoir du citoyen Donat Dubois, propriétaire à Farges, et nous Joachim Tesseidre, maire de la commune, requis pour être présent à toutes les opérations dont il s'agit, certifions à tous ceux à qui il appartiendra, qu'on n'a point touché aux reliques mentionnées au procès-verbal d'icelles, fait par M. de Bonal, évêque de Clermont, du six mai 1782, et que nous, Conort, nous nous proposons de mettre dans les archives. Que les dites reliques sont dans le même état qu'elles étaient à l'époque de la visite dudit évêque, qu'il manque seulement le buste en argent de saint Nectaire, que M. Dubois a été obligé de donner au district de Besse, comme il est constaté par le récépissé qu'il nous a exhibé ; et à l'égard des reliques qui étaient dans le buste, elles sont au même état, ledit Dubois les ayant conservées très soigneusement. Toutes lesquelles reliques avons fait transporter solennellement et en procession dans l'église paroissiale, pour être remises à leur place quand faire se pourra.
En conséquence, faisons pleine décharge d'icelles à Dubois qui en demeure valablement déchargé. de tout quoi, avons dressé le présent procès-verbal, en présence de Gilbert Serre, Barnabé Bellot, … et que nous Conort et Teyssedre, avons signé avec Dubois, le dix fructidor, an onze de la république française."

(Transmis par Paul Dubois)


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Antoine Dubois (1754-1836) - 10


Antoine DUBOIS, Curé de Saint-Nectaire

L'église de Saint-Nectaire vers 1840-1850

Église de Saint-Nectaire

Prosper Mérimée fut nommé Inspecteur général des Monuments historiques le 27 mai 1834. A ce titre, il fit de nombreux déplacements en province. Le 10 mai 1837, il soumet à son ministre, Montalivet, le plan de son premier voyage :
« …Je prendrai la route de Clermont par Saint-Flour… Clermont me retiendra assez longtemps non seulement à cause de ses édifices, mais parce que j'en ferai le centre des explorations que je me propose de faire sur plusieurs points du département du Puy de Dôme. Nulle part je ne pourrai recueillir des notes plus curieuses sur l'architecture du Moyen-âge, qui, autant que j'en puisse juger, a eu dans l'Auvergne un caractère tout particulier… Je pense qu'il y a des choses intéressantes à voir dans l'Auvergne surtout en fait d'églises du VIème siècle. »
Dès 1841, Mérimée étudiant de près un rapport de l'architecte Mallay, annonça sans hésiter l'intention de faire restaurer complètement l'église de Saint-Nectaire. Il recommandait toutefois les plus grandes précautions pour le lessivage des peintures modernes qui pourrait détruire les fragments anciens sur les colonnes et sur les chapiteaux du cœur. Il interdit les réparations aux chapiteaux. Sur la vue d'un croquis, il freina le zèle de l'architecte qui voulait placer des mâchicoulis au sommet d'une église romane. Puis il présenta en faveur de Saint-Nectaire le plus sobre et le plus bienveillant de tous ses rapports, daté du 9 septembre 1851.
« L'état de cet édifice, un des plus remarquables de l'Auvergne, n'est pas alarmant, mais plutôt affligeant. Grâce aux réparations que le maire a fait exécuter, le clocher est consolidé, la toiture renouvelée, le soubassement en partie refait. Mais il reste encore beaucoup à faire pour rendre à cet édifice son aspect primitif ou même pour le placer dans de bonnes conditions de conservation.
Quelques travaux sont nécessaires, surtout du côté du Nord pour faciliter l'écoulement des eaux. Quelques ruines informes provenant de l'ancien château masquent la vue de l'église de ce côté et forment une pente qui renvoie les eaux contre le soubassement.
La façade n'est pas achevée, ou si elle l'a jamais été, elle n'a pas de couverture. Dans cette partie il y a des ravages très profonds et qui s'augmentent. Il est urgent d'y porter remède autrement il serait à craindre que cette façade se détachât et ne tombât en avant.
A une époque assez ancienne toute l'église a été badigeonnée à l'intérieur d'une manière horrible. On a figuré sur les murailles d'un édifice du XIème siècle, toute l'ornementation ordinaire des monuments du XVIIIème siècle. Il est impossible quand on ne l'a pas vu, de se faire une idée de l'aspect repoussant de cette affreuse peinture. Il serait d'autant plus nécessaire de l'enlever, que je me suis assuré qu'elle recouvre des peintures du Moyen-âge.
La commune est absolument dépourvue de ressources. Elle est hors d'état de remplacer les vitres brisées, les dalles de couvertures détachées, etc. Un certain nombre de fenêtres bouchées en plâtras, devraient être ouvertes et vitrées.
Je ne parle pas du pavé de l'église dont l'état est pitoyable. L'église de Saint-Nectaire est un peu moins grand que celle du Port, mais je la crois presqu'aussi ancienne.

Saint-Nectaire au XIXème siècle

La disposition est celle de la plupart des églises d'Auvergne, mais elle n'a subi aucune modification qui ait altéré son caractère. La sculpture particulièrement celle des chapiteaux du cœur est des plus élégantes et peut se comparer avec tout ce qu'il y a de mieux en Auvergne, sans en excepter Issoire et Brioude.
Autant que j'en puisse juger, une somme de 12 ou 15.000 F. suffirait pour exécuter les travaux les plus urgents et mettre l'édifice sur un excellent pied de conservation. Cependant il serait nécessaire que le département consacrât une petite somme à son entretien, car je crois qu'il n'y a rien absolument à attendre de la commune.
L'église de Saint-Nectaire possède un reliquaire très ancien, c'est un buste en cuivre émaillé, d'un admirable travail. Personne ne se doute de la valeur de cet objet, dont le curé me semble ne pas faire cas. Je sais qu'il est difficile de négocier l'acquisition d'un objet appartenant à une fabrique, mais il est certain, d'un autre côté, que ce reliquaire n'est pas gardé, et que si l'on ne prend quelque mesure, il disparaîtra bientôt. Peut-être si l'on réparait l'église, pourrait-on, par le moyen de M. Mallay obtenir la remise de cet objet précieux, qui serait parfaitement placé au Musée de Cluny. »

L'année suivante, Mérimée se félicitait de l'aide modeste mais inespérée, apportée par la commune pour le transport des matériaux, quoique le village, éloigné des eaux minérales « et perdu au milieu de montagnes arides fût absolument dépourvu de ressources. »
Ce « monument très remarquable perdu au milieu du désert » lui paraissait plus que tout autre mériter la sollicitude de l'administration. Il était d'avis de prendre toute la dépense à la charge des Monuments historiques … mais il proposait de « traiter officieusement » de l'enlèvement du reliquaire -- qui heureusement s'y trouve encore.
D'après Jean Larat : Les voyages de Prosper Mérimée en Auvergne et la protection des monuments. (L'Auvergne littéraire 1er et 2ème trimestre 1959).

Transmis par Paul Dubois.

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