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jeudi 29 décembre 2011

Les Bohier

Les Bohier

Ancêtres d’Ysabeau de Jarrie d’Aubière


Austremoine BOHIER ou Boyer, seigneur de Saint-Cirgues
Austremoine BOHIER naît à Issoire (Puy-de-Dôme) dans la première moitié du XVème siècle. Secrétaire du roi Charles VII, il s'installe à Tours où il épouse Anne du PRAT (ou Duprat), qui lui donne : Thomas, qui suit ; Antoine, cardinal et archevêque de Bourges (+ 1519) ; Henri, bailli de Mâcon, sénéchal de Lyon.
A la mort de Charles VII, Austremoine Bohier reste le secrétaire de Louis XI, puis de Charles VII qui l'anoblit en 1490. Ne reniant pas ses origines auvergnates, il avait acheté en 1460, le château et la terre de Saint-Cirgues, près d'Issoire.

Thomas Bohier

Thomas BOHIER, seigneur de Chenonceau
Né en 1465, il est qualifié en 1494 "noble homme maître Thomas Bohier, seigneur de Saint-Cirgues, conseiller, maître des comptes et secrétaire des finances du roi". En 1495, il rebâtit partiellement le château féodal de Saint-Cirgues. Puis, en 1496, achète le château de Chenonceau en Touraine. Il est alors successivement au service des rois Louis XI, Charles VIII, Louis XII, puis François 1er. Il deviendra maire de Tours entre 1497 et 1498. En 1503, il est général des finances en Normandie, puis chambellan et secrétaire des finances du roi. Il s'était marié à Catherine Briçonnet, fille d'un surintendant des finances, le cardinal Guillaume Briçonnet, archevêque de Reims, et de Raoulette de Beaune. Il acquiert de nombreux fiefs avant de se lancer dans la reconstruction du château de Chenonceau dont il ne conserve que le donjon féodal. François 1er en fait son trésorier général des guerres en Italie, où il meurt le 24 mars 1524. Il laisse :

Antoine, qui suit ; François Bohier, abbé de Bernay, évêque de Saint Malo (1533-1566) ; Gilles Bohier, doyen de Tarascon, évêque d'Agde (1546-1561) ; Guillaume Bohier, bailli royal de Cotentin, seigneur de Panchien ; et des filles, mariées aux seigneurs de Clairvaux ou Cléravaux, de la Bastide et de la Fayette, dont Anne Bohier épouse de Nicolas de Cerisay, et Marie Bohier, mariée en 1512 au seigneur d'Aubière, Annet de Montmorin dont la fille, Claude, épousera Gilbert de Jarrie. Leur fils Jean de Jarrie d’Aubière épousera Jeanne de la Chenal, d’où Gilbert de Jarrie d’Aubière, père d’Ysabeau de Jarrie d’Aubière, née en 1600.

Antoine BOHIER, baron de Saint-Cirgues, seigneur de Chenonceau, Chidrac, Périers, Pardines, Sauriers, Champeix, le Mas, la Tour Boyer, gouverneur de Touraine, prend ces qualités en 1541 et en 1544 celles de Chevalier, conseiller du roi en son conseil privé. Son fils Jean, décédé, il fait don de la baronnie de Saint-Cirgues au célèbre connétable de France, Anne de Montmorency. Il meurt en août 1565.


© Cercle Généalogique et Historique d'Aubière 2001

lundi 26 décembre 2011

Seigneurs et seigneurie d’Aubière [2/2]

Seigneurs et seigneurie d’Aubière
Épisode 2 : L’éclatement de la terre d’Aubière

XX – Gilbert II de Jarrie d’Aubière
Seigneur d’Aubière, Cléravaux, Laschenal et Saint-Avit en Marche.
Fils de Jean et de Jeanne de Laschenal, on ne lui connaît pas d’union. Cependant, il laisse une fille Ysabeau, née en 1600, et la reconnaît, puisqu’elle porte le nom d’Aubière.

Dès la mort de Gilbert II de Jarrie d’Aubière, le fief d’Aubière est morcelé par un acte du 21 septembre 1622. Nous apprenons cette dispersion et le devenir de la Terre d’Aubière par un mémoire, daté du 2 septembre 1743, retrouvé dans les archives communales d’Aubière.
Le partage, en quatre parts égales, aura lieu entre les frères et sœurs de Gilbert : Annet, François, Gilberte et Françoise.
Claude de Jarrie, le chevalier de l’Ordre de Saint-Jean de Jérusalem, religieux, a disparu : est-il décédé à cette date ? En revanche, un nouveau frère apparaît : Annet, sieur de Cléravaux !?

* Annet de Jarrie, sieur de Cléravaux, se dessaisit de son quart en 1627. Plusieurs propriétaires se succèdent jusqu’à ce que le sieur Destrada rachète cette part en 1642.

* François, sieur de Lavau : il décède en 1634, à l’âge de 57 ans. Son quart est partagé en trois parts entre ses frère et sœurs Annet, Gilberte et Françoise.
Annet de Cléravaux, vend le tiers reçut de son frère François, en 1635, au sieur Carmantrand qui le revend en 1641 au sieur Destrada. Ce dernier est, en 1642, propriétaire de toute la part dévolue au sieur Annet de Cléravaux et peut dès lors prétendre au titre de coseigneur d’Aubière.

XXI – Gilberte de Jarrie
* Gilberte de Jarrie, épouse de Annet de la Rochebriant depuis 1588, meurt en 1636. Elle a reçu du premier partage de 1622, une partie du château, comme son frère Annet. Tous les deux seront donc coseigneurs d’Aubière, jusqu’en 1636 pour Gilberte, et jusqu’en 1627 pour Annet, date à laquelle il vend sa part. Une partie de cette part revient à l’abbesse de Sainte-Claire, qui devient par ce fait coseigneur d’Aubière. En effet, une reconnaissance passée chez maître Gorce, notaire à Clermont, le 18 juillet 1635, stipule : « …promet porter à ladite dame [l’abbesse de Sainte-Claire] en son château audit Aubière à chacune feste de Saint-Julien au mois d’août… ». N’est-ce pas cette abbesse, qui est la « dame » de la cave dite « à ma dame », aujourd’hui Musée de la Vigne et du Vin de Basse-Auvergne ?

* Françoise de Jarrie, dame de Cordebeuf, n’ayant pas plus d’attachement pour les portions qu’elle avait de la Terre d’Aubière, en disposa par trois différents actes. Par un de ces actes, elle disposa au profit de la dame de la Rochebriant de la portion du château et d’un champ qui faisait partie du premier quart qui lui était venu du premier partage.
Par acte de 1637, elle vendit au sieur de la Rochebriant son neveu [Amable, qui suit] la portion qui lui était échue de la succession du sieur de Lavau par le partage de 1634.
Enfin, par acte du 3 juillet 1642, la dame de Cordebeuf vendit ce qui lui restait du premier partage à François de Montagnac, seigneur de Lignières, époux de Gilberte de la Rochebriant qui suit.

XXII – Amable de la Rochebriant
Coseigneur d’Aubière, il est le fils d’Annet de la Rochebriant et de Gilberte de Jarrie d’Aubière, il épouse, en 1614, Jeanne de Saint-Chamant. Ils auront plusieurs enfants dont Gilberte de la Rochebriant qui héritera de la terre d’Aubière.

XXIII – Gilberte de la Rochebriant de Chovance
Dame d’Aubière. Elle épouse le 5 janvier 1637 François de Montagnac, seigneur des Lignières. Sa vie durant, elle va s’acharner à reconstituer le fief d’Aubière tel qu’on le connaissait du temps de Gilbert II de Jarrie.
La Dame de la Rochebriant eut de son mariage avec le sieur de Montagnac quatre enfants mâles et une fille : Gaspard l’aîné ; Amable, sieur de Chovance ; Claude, connu dans la famille sous le nom de Commandeur ; François, connu sous le nom du sieur de Lignières ; et Gabrielle, mariée par la suite avec le sieur Dethianges.
François de Montagnac, père commun, étant décédé, les enfants devinrent propriétaires de la portion de la terre d’Aubière qu’il avait acquise de la dame de Cordebeuf par contrat du 3 juillet 1642.
La dame Gilberte de la Rochebriant sa veuve, ayant réunit en sa personne toutes les portions de la terre d’Aubière qui lui étaient venues par le décès du sieur de la Rochebriant son père, était propriétaire en son nom du cinq douzième de la Terre d’Aubière, et encore de la portion du château et d’un champ faisant partie d’un autre quart et elle jouissait en qualité de tutrice de ses enfants de la portion qui avait été acquise par ledit défunt sieur François de Montagnac.
La dame de la Rochebriant fit, le 26 mars 1667, donation de tous et un chacun des biens présents et avenir à celui de ses enfants mâles qu’il lui plairait de nommer, et au défaut de nomination, à l’aîné aux charges et conditions suivantes :
« 1° de payer à chacun de ses autres enfants mâles la somme de cinq mille livres pour leur droit légitime ;
2° sous la réserve de 24.000 livres dont elle pourrait disposer à son gré ;
3° à la charge par le donataire de payer toutes les dettes de la donatrice et par exprès la somme de 20.000 livres qu’elle avait constitué en dot à la dame Dethianges, sa fille, en l’année 1665, et à la charge en outre de payer le débit de son compte de tutelle sous la réserve de faire une substitution graduelle du tout ou de partie de ses biens donnés.
Par ses articles, la dame de la Rochebriant nomme le sieur Gaspard de Montagnac, son fils aîné, pour recueillir l’effet de ladite donation qu’elle confirma avec toutes les charges et conditions qu’elle y avait imposées, restreignant néanmoins sa réserve de 24.000 livres à 20.000 livres. Et en exécutant les clauses de ladite donation par laquelle elle s’était réservée de substituer telle partie de ses biens qui lui plairait, elle fit une substitution graduelle dont il est important de rapporter les termes. Et parce que la dame de la Rochebriant désire que la Terre et seigneurie d’Aubière qu’elle a eu de la succession de défunt messire Amable de la Rochebriant son père, demeure et soit conservée dans la famille.
Pour cela, la dite dame en exécutant la clause contenue en la dite donation veut et entend que la dite Terre d’Aubière soit portée dans un contrat de mariage et dans un acte entre vifs.
»
On remarquera cependant que quatre ans avant ces articles de mariage, la dame de la Rochebriant, ayant rendu son compte de tutelle, fut reconnue créancière de ses enfants qui, pour paiement de ses créances, lui délaissèrent en propriété la portion de la Terre d’Aubière qui avait appartenue à François de Montagnac leur père, et qu’en 1673, elle acquit du Sr Destrada les portions qui lui appartenaient dans le château.
Dans l’intervalle de ces articles de mariage sous seing privé et de la ratification de ceux-ci par devant notaire qui ne fut faite que six semaines après, la dame de la Rochebriant disposa d’une partie de la réserve par une donation entre vifs qu’elle fit confirmer devant notaire d’une somme de dix mille livres au profit du Sieur de Chovance son fils puiné, le 10 mai 1675.
Enfin, par acte reçu par maître Vernet notaire royal, le 25 mai 1675, les articles furent approuvés, convenus et accordés dans les termes suivants :
« Ont été présents en leurs personnes les parties dénommées aux articles de mariage cy-dessus, lesquels de leur bon gré ont reconnu avoir passé lesdits articles de mariage, et être demeurés d’accord des constitutions, renonciations et autres dispositions et convenances portées par lesdits articles ».
Il est à remarquer que dans la ratification il n’est nullement parlé de substitution en termes exprès ; il est aussi à remarquer que tant dans les articles que dans la ratification, la dame de la Rochebriant n’a pas signé son nom mais seulement Chovance. Elle meurt le 25 octobre 1693.

XXIV – Gaspard de Montagnac
Seigneur d’Aubière et des Lignières, il épouse Marie Françoise de Mascon du Cheix, dont il a un fils, Jean Jacques.
Un an après ce contrat de mariage, le Sr de Montagnac acquit par contrat du 5 février 1676 les portions de la Terre d’Aubière qui appartenaient à M. Destrada à la réserve de sa portion du château ci-dessus vendue à la dame de la Rochebriant, desquelles il jouit particulièrement jusqu’à la mort de sa mère, après lesquelles il réunit en sa personne toutes les portions de la Terre d’Aubière dont il jouit jusqu’à sa mort arrivée le 26 décembre 1693. Gaspard de Montagnac, étant décédé, laissa un fils unique nommé Jean Jacques, qui fut mis sous tutelle.
La veuve de Gaspard de Montagnac, Marie Françoise de Mascon du Cheix, restitua les terres d’Aubière et des Lignières à son frère Gilbert de Mascon du Cheix, qui se trouvait être créancier de son défunt époux.

XXV – Gilbert de Mâcon du Cheix
Seigneur d’Aubière et du Cheix. Il rendit hommage au roi en 1700.
Il s’en suivit moult tractations, transactions et procédures plus ou moins douteuses et bien des revirements entre les familles du Cheix, des Lignières et Montagnac, jusqu’en 1717. C’est, en effet, après le décès de Gilbert de Mascon du Cheix, survenu cette année-là, que son fils, Jean-François du Cheix, décida de se défaire de la terre d’Aubière.
Il la vendit le 20 juillet 1718, par contrat pur et simple moyennant 66.000 £ à Messire Guillaume André, conseiller au présidial, qui en jouit paisiblement jusqu’au mois de septembre 1720.

XXVI – Guillaume André de la Roche
Sieur de la Roche et seigneur d’Aubière. Il avait épousé le 1er juillet 1682 à Clermont-Ferrand, Amable Jadon.
Le 20 septembre 1720, il fut fait des offres de la somme de 50.000 £ en cinquante billets au sieur André, avec sommation de se désister des trois quarts de la terre d’Aubière et en délaisser la libre possession au sieur de Chovance, « cédataire » du sieur Jean Jacques de Montagnac. Les offres ont été suivies d’une consignation, mais il n’y eut pas d’exécution.
Guillaume André meurt le 23 mai 1727. Il laisse la baronnie d’Aubière à son fils Jean.

Blason des André d'Aubière

XXVII – Jean André d’Aubière
Baron d’Aubière, il épouse le 5 mai 1727 Marie Le Court.
Les ennuis qu’avait connus son père à partir de 1720 rebondissent en 1740.
Le 28 octobre 1740, Jean André se voit assigné à la requête et sous le nom dudit sieur Jean Jacques de Montagnac « pour voir déclarer contre lui exécutoire la sentence de 1705 ». En conséquence, Jean André est condamné à se désister de la terre d’Aubière telle qu’elle est substituée, à en laisser la libre jouissance au sieur de Montagnac avec la restitution des fruits depuis l’année 1718.
Jean André dénonce cette demande en désistement. L’affaire traîne en longueur. Jean Jacques de Montagnac meurt en mai 1742.
Finalement, le litige est jugé à Paris, en septembre 1743, où le Conseil laisse Jean André propriétaire de la terre d’Aubière.
Jean André meurt le 28 novembre 1754. Il laisse la seigneurie à son fils Pierre.

XXVIII – Pierre André d’Aubière
Marié le 20 janvier 1766 à Anne Favard, il sera le dernier seigneur d’Aubière.
Comme ses prédécesseurs, il connaîtra, jusqu’à la Révolution de 1789, la vigueur des Aubiérois à contester les droits seigneuriaux. Il s’attirera même la haine (osons le terme) d’un de ses sujets, Amable Girard, notaire, procureur et syndic du Bureau intermédiaire. Ce dernier, sous le couvert de la loi des suspects, le fait arrêter et conduire à Lyon où il sera exécuté aux Brotteaux, le 29 pluviôse de l’an 2 (17 février 1794). A-t-il été mitraillé ou décapité ? Là est toute la question à laquelle nous essayerons de répondre dans un prochain article…

Le fils aîné de Pierre André et d’Anne Favard, Jean-Baptiste André, qui racheta le titre de Baron d'Aubière, fut par deux fois maire de Clermont-Ferrand.

© Cercle Généalogique et Historique d'Aubière (Pierre Bourcheix)

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vendredi 23 décembre 2011

Seigneurs et seigneurie d'Aubière [1/2]

Seigneurs et seigneurie d’Aubière
Épisode 1

I - Amblard 1er d’Apchon
Amblard d’Apchon, fut le premier seigneur d'Aubière (1) dont l'histoire a retenu le nom. Il vivait en 998 ; il était seigneur d'Indiciat, de Murol, d'Ussel, d'Aubière et de Ravel. Il était aussi baron et comptor d'Apchon et d'Hauteclair.

Pour l'amour d'une nonne...
Le baron d'Hauteclair et d'Apchon, car il possédait l'une et l'autre seigneurie, ayant abusé d'une nonne qu'il avait enlevée de force, fut poursuivi pour ce crime. Le roi ordonna la confiscation de sa terre d'Hauteclair et du château, qui porta depuis le nom de Nonette (2). Il fut donné à son parent, Guillaume Brunet, chevalier. Amblard voyait avec déplaisir celui-ci jouir d'une terre qui lui avait été ravie ; mais il cacha son ressentiment et attendit le moment de se venger.

Le pardon du Pape
Un jour, s'étant trouvé au château pour un banquet de noces, il chercha querelle à Brunet, et, l'ayant attiré dehors, il le tua le soir même ; mais bientôt, reconnaissant son crime, il s'en repentit et voulut s'en faire relever. Begon, évêque de Clermont, ne voulut pas l'absoudre et défendit la célébration de l'office divin dans toutes ses terres. Amblard se rendit à Rome, où le trône pontifical était occupé par le pape Sylvestre II, le grand Gerbert (3), qui, à la prière de l'abbé Odilon de Cluny (4), lui donna l'absolution, mais il exigea pour condition qu'il donnerait sa terre aux moines de Cluny, déjà possesseurs d'une petite église de Saint Flour, et qu'il fonderait un nouveau monastère, ce qu'il fit moyennant une indemnité de 200 sols du Puy, qu'Amblard de Brezons lui remit. La donation fut acceptée par Saint Odilon. L'église de Saint-Hippolyte, près d'Apchon, fut aussi donnée, à la condition d'en laisser jouir le recteur titulaire, jusqu'à sa mort.

Blason des Apchon

II – Armand 1er d’Apchon
Le fils d'Amblard fut Armand 1er, comptor, qui vivait en 1015.

III – Amblard II
IV – Bertrand d’Apchon
V – Guillaume d’Apchon
VI – Ebles d’Apchon

Il est seigneur d’Ussel et d’Aubière. Il vivait en 1180.

VII – Bernard d’Apchon
VIII – Ebles d’Apchon

Il rend hommage au Dauphin d’Auvergne en 1235. Il laisse deux filles dont Almodie, qui suit.
Au milieu du XIIIème siècle, la situation juridique de la seigneurie d'Aubière est particulièrement confuse. Guillaume Dalmas, tuteur des filles d'Ebles d'Apchon, rendit hommage et fidélité pour le château et le village à l'évêque, seigneur de Montrognon. Il abandonnait ainsi les Dauphins pour lesquels Ebles avait fait hommage en 1235. Les neveux de Guillaume Dalmas épousèrent les filles d'Ebles, et la seigneurie d'Aubière passa ainsi dans la famille Dalmas.

IX - Almodie d’Apchon
Dame d’Aubière, elle épouse Bernard Dalmas. Celui-ci fit hommage au Dauphin aussitôt, ajoutant à la confusion. Dès lors, les seigneurs d'Aubière tirèrent profit de la situation.

On constate que, dès la fin du XIIIème siècle, les Aubiérois formaient une communauté capable de "relations" avec son seigneur. On reparlera par ailleurs sur ce blog des transactions ainsi établies dès 1298, à propos de la taille et autres droits seigneuriaux, qui constituent une sorte de charte de franchises des habitants. Ces relations, quoique conflictuelles, vont se pérenniser jusqu'à la Révolution de 1789.

X – Bernard Dalmas
Fils du précédent et d’Almodie d’Apchon, il épouse Randone de Mezel.
Au début du XIVème siècle, Bernard Dalmas refusa l'hommage à Robert III, dauphin d'Auvergne, arguant du fait que le château n'était pas rendable. Il se reconnaissait dans le même temps vassal de l'évêque. Un peu plus tard, en 1315, Bernard rendit hommage au dauphin pour le château et la ville "à l'intérieur des fossés", et à l'évêque pour les terres extérieures aux fossés. Il meurt en 1328.
Sans postérité, la terre d’Aubière passe au frère de Bernard, Hugues Dalmas, époux d’Alix de Thiers.

XI – Hugues Dalmas
Hugues épouse Alix de Thiers. Il laisse un fils, Jean.

Blason des Dalmas d'Aubière

XII – Jean Dalmas d’Aubière
Jean est seigneur d’Aubière (dont il prend le nom) et de Maubec. Il épouse Jehanne de Langeac. Il laisse la seigneurie à son fils Jean.

XIII – Jean Dalmas d’Aubière
Seigneur d’Aubière, de Maubec et de Langlade. Il épouse Marie Gabrielle de Peyrol, en 1417. Il meurt en 1427. Ils ont un fils, Anne ou Annet, qui suit.

XIV – Anne Dalmas d’Aubière
Seigneur d’Aubière, de Langlade et de Peyrols, il épouse en 1463 Dauphine de Murol. Il décède en 1473 et laisse plusieurs enfants dont Louis, qui suit.

XV – Louis Dalmas d’Aubière
Seigneur d’Aubière et de Maubec. Il épouse Anne de Rochedagoux. Il teste en 1499 et meurt sans enfant. La terre d’Aubière passe à sa sœur, Gabrielle Dalmas, qui suit.

XVI – Gabrielle Dalmas d’Aubière
Dame d’Aubière et de Peyrols, elle épouse Charles de Montmorin, en 1488. Ils ont un fils, Annet, qui suit.

XVII – Annet de Montmorin
Seigneur d’Aubière, de Nades et autres lieux, gouverneur du Bourbonnais. Il épouse le 25 mai 1512, Marie Bohier de Saint-Cirgues. Ils laissent la seigneurie à leur fille, qui suit.

XVIII – Claude de Montmorin
Dame d’Aubière, elle épouse en 1542 Gilbert 1er de Jarrie.
Gilbert de Jarrie, seigneur d'Aubière, de Cléravaux, etc., eut la seigneurie de Saint-Avit par échange. Leur fils, Jean, qui suit.

XIX – Jean de Jarrie d’Aubière
Seigneur d’Aubière et de Cléravaux, il épouse, en 1564, Jeanne de Laschenal. D’où cinq enfants : Gilbert, qui suit ; Claude, religieux et chevalier de Saint-Jean de Jérusalem ; Gilberte de Jarrie, épouse depuis 1588, de Annet de la Rochebriant ; Françoise, dame de Cordebœuf ; et François.

Notes :
1- L'origine et l'étymologie du nom "Aubière" sont incertaines ; cependant, nous savons qu'Aubière est appelé dans les vieilles chartes "Alberia" (995, 1240), lieu humide, planté de peupliers, "Albergaria" (Charte de 1043) et "Albeira" (Charte de 1223). Il faut sans doute se référer à l'adjectif latin
albus (blanc).
2- L'origine du nom de Nonette est controversée, voir Histoire des Communes du P.D.D., arrondissement d'Issoire, page 252.
3- Gerbert était un pâtre d'Aurillac, dont l'intelligence exceptionnelle fut remarquée par les moines de l'Abbaye Saint Géraud d'Aurillac. Ils l'éduquèrent, et Gerbert devint l'un des esprits les plus brillants de son époque, dans tous les domaines : astronomie, alchimie, théologie, etc... Il devint pape en 999, sous le nom de Sylvestre II, et mourut en 1003.
4- Odilon de Cluny n'est autre qu'Odilon de Mercœur, un autre auvergnat de la très importante famille des Mercœur, dont est issue Isabeau de Jarrie d'Aubière.


© Cercle Généalogique et Historique d'Aubière