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jeudi 23 janvier 2014

Estienne Thévenon, tailleur d’habits



Estienne Thévenon est fils de Pierre l’aîné, le laboureur, et d’Halips Legay. Comme ses ancêtres et ses frères, il a d’abord travaillé la terre et la travaillera jusqu’à la fin de sa vie. Cependant, Estienne est surtout connu comme tailleur d’habits.
Cette profession fut-elle une vocation ou une nécessité ? Va-t-il la pratiquer dès le règne du bon Henri IV ou bien Louis XIII était-il déjà sur le trône de France ? Ces questions vont-elles rester sans réponses ? C’est ce que nous allons voir…

Le tailleur d'habits

Pour son contrat de mariage, le 5 janvier 1606, avec Michelle Chastanier, Estienne Thévenon est laboureur (1). Comme la plupart des laboureurs aubiérois, il cultive du chanvre et du lin dans ses champs des Gravins ou des Ronzières (2). Le rouissage se fait dans les routoirs qui longent l’Artière ou qui bordent le lac de Sarliève.
Si l’on observe la parentèle d’Estienne, on trouve des tisserands mais pas de tailleurs d’habits. Sa nièce, la fille de son frère Pierre le jeune, Marguerite Thévenon, épouse en 1619 un tisserand, François Tisseranges, fils de Michel, lui-même tisserand, et de Jehanne Tixier. Si le métier à tisser est dans le bourg, au rez-de-chaussée de la maison, le foulage des textiles se fait hors les murs, au quartier du Massadou, le long de l’Artière.

Des tailleurs de braguettes
C’est auprès des Gioux Braguette qu’Estienne Thévenon fit ses « classes » dans le métier de tailleur d’habits.
Depuis la nuit des temps, les Gioux, tailleurs d’habits, traînent avec eux le sobriquet de « braguette » ! Oubliez l’acception actuelle de ce terme, même si l’on finira par y revenir.
L’origine remonte à nos ancêtres gaulois et à leurs braies. Les Romains, qui portaient des vêtements amples, non cousus, apprirent à connaître ce vêtement masculin (en latin : braca), ancêtre des chausses, caleçons et culottes. D’abord ridiculisé, ce vêtement fut adopté partout et le mot passa dans les langues romanes, et devint braga ou braya dans l’ancien provençal. La culotte était donc appelée brayette au moyen âge. Au 16ème siècle, on lui substitua braguette pour désigner la partie du costume masculin, de forme triangulaire, attachée au devant du haut-de-chausses et formant une poche. Il faut sans doute en conclure que nos Gioux étaient spécialisés dans la confection des culottes d’homme qui deviendront nos pantalons.

On ne saura jamais si c’est le hasard ou la nécessité qui conduisit Estienne vers ce métier. De ses trois enfants connus, Pierre Thévenon, Halix Thévenon et Claude Thévenon, les deux fils devinrent apprentis, compagnons puis maîtres tailleurs d’habits. Pierre, l’aîné, s’installa à Montferrand avec sa femme, Gilberte Bernard, d’où elle était originaire. Claude, le cadet (sans alliance connue), s’installa au Broc, près d’Issoire ; on sait qu’il tenait boutique à Clermont en 1673.


Notes :
(1) – 1606. A cette date, Pierre l’aîné Thévenon, le père d’Estienne, est décédé. L’épouse de ce dernier, Michelle Chastanier, est fille de Jehan et d’Anna Salignat. Les Chastanier sont aussi laboureurs.
(2) – Gravins et Ronzières : noms de terroirs aubiérois.

© - Cercle généalogique et historique d’Aubière – (Pierre Bourcheix)


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