Actualités


mardi 28 mai 2013

Journal économique de Jean-Baptiste André - 63



1790-1842

Toutes les semaines retrouvez ce document inédit exceptionnel
Le Journal économique du fils du dernier seigneur d’Aubière

Épisode 63
Novembre 1797


Novembre 1797
[Page 66]

Prix des denrées : froment 19£ ; seigle vendu 13£ 10s ; orge 9£ 10s ; vin 6£ 10s

1- J’ai produit à l’appuy de ma demande au département : 1° l’extrait de naissance de ma mère, pour la fixation de la somme à déduire à raison de son usufruit ; 2° son contrat de mariage, pour la fixation de ses reprises ; 3° un contrat de constitution de rente passé au nom de Mr le capitaine Rechignat ; 4° Les procès-verbaux de vente du mobilier d’Aubière et de Noyers. Le département a pris un nouvel arrêté qui renvoie le tout au directeur des Domaines, à l’effet de donner son avis. J’ai néanmoins, outre les consignations déjà faites, qui sont d’une part 36.000£ en mandats, et pour une autre quittance 22.000£ également en mandats, plus mille dix livres en numéraire, plus actuellement 1.150£, plus 1.400£.

2- Le directeur général de la liquidation a renvoyé à l’administration municipale de Clermont les différents certificats qui lui avaient été adressés, comme ne se trouvant pas concordants entre eux sur le capital des créances ; j’ai fait en conséquence ratifier lesd. certificats, et ils ont été adressés de nouveau au liquidateur général. La loi du … [en blanc] qui mobilise les deux thiers de la dette publique et qui n’en inscrit plus qu’un thiers sur le grand livre, a relevé les déchéances que j’avais pu avoir encouru.

3- Mme d’Ennezat, ayant désiré avoir une titre par devant notaires de la créance de 14.000£ que je lui dois, j’ai consenti devant Chassagne un contrat de constitution de rente avec retenue de lad. somme. Les droits d’enregistrement ont coûté, à deux pour cent, 280£.

4- J’ai passé procuration devant Chevalier notaire, à Mr Thiolier le jeune, pour faire lever toutes les rentes foncières et constituées qui m’ont été délivrées, suivant l’acte sous seing privé que nous en avons passé ensemble du … [en blanc]. Je lui ai remis les contrats, et il sera chargé de faire toutes les poursuites nécessaires.

"J’ai fait aussi réparer les brèches des murs..."

5- J’ai fait repasser les toits d’Aubière par Martin le maçon. J’ai fait aussi réparer les brèches des murs des Champs voisins, et j’ai fait démolir les murs de la caudale pour pouvoir ôter les poutres et autres bois qui y avaient demeuré jusqu’à présent. On les a mises à l’abry [sic] sous le bâtiment neuf.

6- Par arrêté verbal entre ma mère, ma tante Desmarets, ma sœur et moi, nous avons calculé, ainsi qu’il suit, la dépense du ménage de la maison : valeur du logement, 800£ ; valeur du bois à brûler 500£ ; bled ou pamoule pour la nourriture des domestiques ou de la volaille, vingt septiers à 12£, 240£ ; cent pots de vin à trois livres, 300£ ; un cochon, 120£ ; les réserves des domaines en volaille, beurre et fromage, 150£ ; le fruit ou le jardinage, 150£ ; le gage de la cuisinière et fille de peine, 120£ ; cent livres d’huile à quinze sols, 75£ ; total de la valeur de ce qui se prend dans la maison, 2.455£. Les déboursés pour le ménage se sont montés pendant l’espace de la dernière année à la somme de 2.345£. Total de la dépense de la maison, quatre mille huit cents livres.


Épisode précédent   <>   Épisode suivant

En savoir plus sur le Journal économique de J-B. André > Retour à l’épisode 1


vendredi 24 mai 2013

Traité pour deux tombereaux de fumier à perpétuité…



13 décembre 1742

En 1739, Jacques Herbaud, vigneron d’Aubière, s’engage à livrer chez le tisserand Giraud Bouchet deux tombereaux de fumier chaque année et… à perpétuité !
En 1742, peu après le décès de Jacques Herbaud, Giraud Bouchet décharge la veuve de cette promesse. Heureusement, car ses descendants, aujourd’hui, auraient bien du mal à tenir cet engagement, et ceux de Giraud Bouchet s’en trouveraient bien encombrés…


« Par devant le notaire soubsigné, et en présence des témoins cy après nommés, ont estés presens, Giraud Bouchet, tixerand, habitant du lieu d’Aubière et Jacquette Bourrand, veufve de Jacques Herbaud vivant vigneron, habitant du lieu d’Aubière, lesquels, de gré, ont traittés et fait convention ainsy qu’il suit, Scavoir que le defunct Jacques Herbaud s’estoit obligé, par acte du trentieme juillet mil sept cent trente neuf, reçu Courtes, notaire royal, controllé et insinué à Clermont-Ferrand ainsy qu’il est fait mention dans l’expédition le lendemain par [Durand], de donner chaque année audit Giraud Bouchet, deux tombereaux de fumier communs et à perpétuité, et par le même acte ledit Herbaud pouroit prendre et lever tous les fumiers paillies et autres choses qui proviendraient de la maison et cuvage dudit Bouchet, pour ramasser dans l’aise d’un estable que ledit Herbaud avoit acquis dudit Bouchet par le même acte,
et par ces présentes ledit Giraud Bouchet a quitté et déchargé, tant pour le passé que pour l’avenir, ladite Jacquette Bourrand de donner lesdits deux tombereaux de fumier, moyennant quoy ledit Bouchet ny les siens ne seront plus tenus de donner à ladite Bourrand les hordures et paillies qui proviendront de sa maison et cuvage, et s’est aussy, par les mêmes présentes, ledit Bouchet, reconnu débiteur envers ladite Bourrand, de la somme de douze livres six sols, qu’il a promis et s’est obligé luy payer aux vandanges prochaines, à quoy faire et à l’entretènement de ce que dessus, lesdites partyes ont obligés leurs biens présens et avenir, car ainsy… ix … renoncé … ix … soumis … ix. Fait et passé à Aubière, estude du notaire, ce treize décembre mil sept cent quarante deux, en présence de Jean Aubény et de Michel Dégironde, vignerons habitans du dit Aubière, lesquels, avec les dits Bouchet et Bourrand, ont déclarés ne scavoir signer de ce enquis. »

Courtes, notaire royal


Source : A.D.63 - 5 E 44 393.


© - Cercle généalogique et historique d’Aubière.