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mardi 14 août 2012

Journal économique de Jean-Baptiste André - 22


1790-1842

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Épisode 22
Juin 1792


Juin 1792
[Page 25]

Prix des denrées : vin 6£ 5s ; froment 35£ ; bled 30£

1- Nous avons enfin reçu un récépissé de liquidation pour être donné en payement de contribution patriotique (1), montant à la somme de dix sept cents vingt huit livres, principale de la rente de ma grand-mère, que l’on avait donné pour cet objet. Il a été reçu chez M. Pyrent qui a remis la somme de onze cents vingt huit livres sur celle de douze cents qui avait été déposée pour les deux premiers termes, s’étant retenu 72 £ pour compléter les 1800 £, montant de nos deux contributions patriotiques.

2- On a fait arranger par Chirol le charron l’avant-train du chariot des chevaux (2) ; on a fait marché avec lui à dix-huit francs et on lui remet le bois qu’il fournit, celui que nous avons ne s’étant pas trouvé assez fort pour être employé.

3- Le dimanche dix du mois, on a encore rompu la petite porte des Ramacles. On l’a faite arranger le lendemain. Et en plus, pour empêcher le passage, on a fait faire un fossé de cinq pieds de profondeur sur sept de largeur, pour la façon duquel on a donné dix francs. On a fait charger le terrain à journée ; il sera porté dans la grande terre et [… …] en attendant près de la porte de la garenne, à prix fait c’est sur le pied de 27 sols la toise cube.

4- On a fait porter en haut de la grande terre la terre qui était contre le mur ; on a fait bêcher par-dessous et arracher beaucoup de racines de noyers.

5- On a fait fossoyer, émandroner et échalasser les plus forts seps [sic] du plantier près la cave.

6- On a nettoyé la grange du bois ; le terreau qui en est sorti a été mis à part pour les fleurs. On a aussi baissé le terrain devant la porte et on l’a porté dessous le mur de la vigne.

7- On a commencé à faucher le 18 du mois. Le prix fait a été donné au mourat et au Teringaud pour le prix de 20 £ ; ils ont mis 12 journées. La garenne a été assez bonne, il y a eu 14 chars de foin. Le dimanche 24, il y a eu une violente insurrection : on se porta en foule dans la garenne ; on abattit un char de foin qui était chargé ; on enleva celui qui était ramassé. On requiert la municipalité. Deux membres s’y transportent. Personne n’est maître d’arrêter le désordre. J’en instruis le département. Il demande compte à la municipalité. Elle envoie un procès-verbal dans lequel elle ose dire qu’elle n’a connu personne à cause de l’éloignement. J’ai requis aussi le juge de paix de faire le sien. On a achevé dans cette journée de démolir le mur à côté de la cidevant grille de fer. (3)

8- Mr Cussat a remboursé la rente de cinquante écus qu’il devait par contrat du 5 juin 1751 sur plusieurs parcelles d’héritage. Il lui a été donné quittance par devant notaire, et nous avons gardé les actes parce qu’ils portent reconnaissance ou ratification qui sont dus sur ces anciens héritages.


9- Les bœufs et les chevaux continuent toujours de labourer la grande terre.

10- Il y a eu le 30 un orage assez fort. Le ruisseau a creusé beaucoup entre le pré Rougier et la garenne. Il a même gâté un peu le foin dans le pré Rougier, et l’on a fait une diminution de 12 £ à ceux qui ont éprouvé ce dommage.

11- On a fait passer sur les toits à Aubière et à Noyers. On avait eu soin de marquer les gouttières, et on n’a rien dérangé ailleurs, ce qui vaut beaucoup mieux. Les maçons gagnent 22 sols ; on tempe la soupe et on donne du petit vin.

12- On a perçu à Noyers la dime du verger. Comme elle n’avait point été payée l’année passée, nous avons eu deux petits chars de foin qui ont été portés à Clermont. On a fait bâtir aussi à Noyers les piliers en pierre de taille qui soutiendront les crèches, et qui avaient été commandés dans l’hyver.

13- Il y a eu dans ce mois un décret qui m’empêche de faire usage de la reconnaissance provisoire de liquidation que j’avais obtenue sur la dixme ; au moyen d’une reconnaissance définitive on pourrait être payé des intérêts, mais pour le principal il faut attendre le nouveau mode de remboursement. On ne fera aucune démarche à présent.

14- Le foin levé, on a détaupiéré et suivi les arbres des vergers pour les émandroner, comme on a fait aussi pour la verge.


Annotations de Pierre Bourcheix :
(1) – Contribution patriotique : En octobre 1789, les impôts directs supprimés, on créa une contribution patriotique. Ce nouvel impôt était très élevé : les citoyens possédant plus de 400 livres de revenus devaient en verser le quart. Le système des contributions fut réorganisé en 1797.
(2) - Chirol : François Antoine Chirol, dit Roudait (vers la place du Roudet), fils d’Antoine et de Jeanne Bouchaudy, né le 6 mai 1760 à Aubière, marié le 11 janvier 1780 à Aubière avec Charlotte Boudet, décédé le 12 juillet 1808 à Aubière. Charron comme son père et comme le seront après lui ses fils Antoine et François.
(3) - La municipalité en 1792 : Elle a le notaire Amable Girard à sa tête, et ce maire a une « dent » contre le baron Pierre André, le père de Jean-Baptiste, depuis quelques années. Inutile de chercher plus loin les raisons de l’évidente « complicité » de la municipalité avec les émeutiers. Dans quelques mois, sous la Terreur, Amable Girard trouvera un prétexte pour envoyer Pierre André à la mort…



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vendredi 10 août 2012

Carnet de rôles des consuls (1720-1721)_05




Ce carnet de rôles d’un consul aubiérois est issu d’archives privées. Il est en assez bon état malgré quelques pages manquantes ou déchirées.
En 1720, on pouvait déjà payer ses impôts en plusieurs fois. C’était en fonction des moyens de chacun.
Rappelons que les consuls, élus par l’ensemble de la population (chefs de foyer), devaient recouvrer la totalité de l’impôt, sous peine de payer la différence avec leurs propres deniers.
Les 4 consuls en 1720 étaient : François Aubeny, Michel Bourcheix, Blaise Bourdier et Chatard Chaussidon. On ignore l’identité de l’auteur de ce carnet.

Aujourd’hui, un fait peu banal : un paiement effectué avec un billet de banque, le 9 octobre 1720 par Ligier Delonchambon. Simple hasard ou bien ce Ligier Delonchambon était-il malin, prudent ou était-ce un grand filou pour se débarrasser de ce billet en payant ses impôts ? Car il faut savoir que quelques semaines plus tard la banque royale (du fameux Law) faisait banqueroute !...

Carnet de rôles des consuls (1720-1721) - page 18
(Archives privées)

Page 18

Anthoine Rouchaud et son frère Trois livres dix sols
Crues                                      quatorze sols six deniers
Capitation                                vingt trois sols six deniers
payé par Noël trante sols le 14 avril 1720
payé trante sols par Antoine le 5 may 1720
payé par Antoine le 17 novembre 1712 (sic) vingt quatre sols


Pierre Deroche                       onze livres cinq sols
Crues                                      quarante huit sols
Capitation                                trois livres treize sols
[Dans la marge :] payé quarante sols le vingt huit avril mil sept cent vingt
                         payé cinq livres dix huit sols six deniers le 9 may 1721
payé vingt sols le 21 janvier 1720
payé vingt sols le 19 février 1720
payé trante huit sols le 19 novembre 1720
payé trois livres le 28 janvier 1721
payé cinquante sols le 29 mars 1721


Anthoine Jannon                     douze livres quatorze sols
Crues                                      cinquante trois sols
Capitation                                quatre livres deux sols
payé quarante sols le 22 janvier 1720
payé par les mains de consuls trante sols le 17 mars 1720
payé sept livres le 19 juin 1720
payé toute la cotte le vingt mars 1721


Anthoine Randanne                 huit livres trois sols
Crues                                      trante quatre sols
Capitation                                cinquante trois sols
payé trois livres dix sols le 29 mars 1721
payé quatorze sols trois deniers le 7 may 1721
payé quarante sols le 13 août 1721
payé quatre livres dix sols le quinze septembre 1721


Ligier Delonchambon               cinquante trois livres trois sols
Crues                                      dix livres treize sols
Capitation                                dix sept livres six sols
payé quatre livres le 29 janvier 1720
payé saize livres le 19 février 1720
payé vingt livres onze sols le 20 juin 1720
payé neuf livres dix sols en billiet (sic) de banque le 9 octobre 1720
payé six livres le 5 février 1721
payé quarante sols le 17 mars 1721
payé dix livres le 27 mars 1721
payé traize livres un sol le 11 may 1721

Billet de la Banque royale qui a circulé de 1716 à 1720

Blaise Chabosy jeune fils à feu Anthoine        treize livres dix sols
[en marge :] bon pour treize livres dix sols
Crues                                      cinquante trois sols
Capitation                                quatre livres deux sols
payé vingt sols le 5 février 1720
payé six livres le 10 oust 1720
payé huict livres le 11 aoust 1720
payé cinq livres cinq le 7 octobre 1720


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