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vendredi 24 mai 2013

Traité pour deux tombereaux de fumier à perpétuité…



13 décembre 1742

En 1739, Jacques Herbaud, vigneron d’Aubière, s’engage à livrer chez le tisserand Giraud Bouchet deux tombereaux de fumier chaque année et… à perpétuité !
En 1742, peu après le décès de Jacques Herbaud, Giraud Bouchet décharge la veuve de cette promesse. Heureusement, car ses descendants, aujourd’hui, auraient bien du mal à tenir cet engagement, et ceux de Giraud Bouchet s’en trouveraient bien encombrés…


« Par devant le notaire soubsigné, et en présence des témoins cy après nommés, ont estés presens, Giraud Bouchet, tixerand, habitant du lieu d’Aubière et Jacquette Bourrand, veufve de Jacques Herbaud vivant vigneron, habitant du lieu d’Aubière, lesquels, de gré, ont traittés et fait convention ainsy qu’il suit, Scavoir que le defunct Jacques Herbaud s’estoit obligé, par acte du trentieme juillet mil sept cent trente neuf, reçu Courtes, notaire royal, controllé et insinué à Clermont-Ferrand ainsy qu’il est fait mention dans l’expédition le lendemain par [Durand], de donner chaque année audit Giraud Bouchet, deux tombereaux de fumier communs et à perpétuité, et par le même acte ledit Herbaud pouroit prendre et lever tous les fumiers paillies et autres choses qui proviendraient de la maison et cuvage dudit Bouchet, pour ramasser dans l’aise d’un estable que ledit Herbaud avoit acquis dudit Bouchet par le même acte,
et par ces présentes ledit Giraud Bouchet a quitté et déchargé, tant pour le passé que pour l’avenir, ladite Jacquette Bourrand de donner lesdits deux tombereaux de fumier, moyennant quoy ledit Bouchet ny les siens ne seront plus tenus de donner à ladite Bourrand les hordures et paillies qui proviendront de sa maison et cuvage, et s’est aussy, par les mêmes présentes, ledit Bouchet, reconnu débiteur envers ladite Bourrand, de la somme de douze livres six sols, qu’il a promis et s’est obligé luy payer aux vandanges prochaines, à quoy faire et à l’entretènement de ce que dessus, lesdites partyes ont obligés leurs biens présens et avenir, car ainsy… ix … renoncé … ix … soumis … ix. Fait et passé à Aubière, estude du notaire, ce treize décembre mil sept cent quarante deux, en présence de Jean Aubény et de Michel Dégironde, vignerons habitans du dit Aubière, lesquels, avec les dits Bouchet et Bourrand, ont déclarés ne scavoir signer de ce enquis. »

Courtes, notaire royal


Source : A.D.63 - 5 E 44 393.


© - Cercle généalogique et historique d’Aubière.


mardi 21 mai 2013

Journal économique de Jean-Baptiste André - 62



1790-1842

Toutes les semaines retrouvez ce document inédit exceptionnel
Le Journal économique du fils du dernier seigneur d’Aubière

Épisode 62
Octobre 1797


Octobre 1797
[Page 65]

Prix des denrées : froment 20£ ; seigle 14£ ; orge 9£ 10s ; vin nouveau 6£ 10s

1- Mr Leblanc m’a remis l’état des frais qui lui sont dus contre Pignol, art. 46, 6£ 10 ; contre les Farghous et Bardy de Cornon, 7£ 19s 6 ; contre Cassière et autres de la vigne de la Foissas, 4£ 15 ; contre les fermiers de la Bernard, 4£ 15 ; contre les Cournols de Romagnat, 8£ 10s.

2- J’ai fait cette année de très médiocres vendanges. Elles ont été très mauvaises à Noyers où je n’en ai pas fait plus qu’à Aubière ; tandis que la proportion de la quantité de vignes est connue de 37 : 21. J’ai rempli la cuve du fond et celle qui est à l’entrée du cuvage, et j’ai fait environ quatre cents pots de vin. La huitième pièce n’étant pas tout à fait pleine, j’ai fait passer au pressoir de chez Louche et n’ai fait couper qu’une seille (1). J’ai fait deux petits vins, en tout trois pièces. Tout mon vin est enfûté dans mon cuvage, ne me proposant point d’en vendre en ce moment. Mes fermiers de Noyers, m’ayant fourni plusieurs charroirs pour les réparations que j’ai faites dans le domaine, je leur ai cédé mon mat, après les petits vins.

3- J’ai fait faire à Noyers le portail d’entrée tout neuf. On y a employé dix journées de charpentier. La charpente est en bois d’ormeaux très sec que j’ai pris dans les soliveaux qui étaient dans le cuvage ; il est recouvert en planches de sapin, ferré sur des pivots, et fermant avec verroux et une barre de bois. J’ai fait faire pour le jardin une porte à clairvoie, une porte pleine de sapin pour le caveau fermant à clef, et rétablir celles des étables à cochon.

Plans de vigne

4- J’ai mesuré dans la grande terre au-dessous des vignes deux journaux de plan pour planter en vignes. C’est dans la partie la plus haute de lad. terre, de manière qu’outre la pente commune vers le nord, il y en a aussi vers le levant et vers le couchant. Il sera diminué à raison de ce quatre septiers de bled sur la ferme. Je me suis procuré à Aubière des maillots qui m’ont coûté quatre sols et cinq sols le cent ; il en faut environ cinq cents pour chaque œuvre de vigne. Ils sont presque tous du cépage appelé le gamet ou le lyonnais, celui qui passe pour réussir le mieux dans ce pays-ci.

5- Le rapport des experts Perrin et Rispal, pour évaluer la masse de nos biens, relativement à la soumission, ayant demeuré entre mes mains, l’administration a écrit à Perrin pour qu’il eût à le remettre. En conséquence, j’y ai fait mettre la date la plus nouvelle, afin d’avoir suivant la loi, vingt jours après la remise du procès-verbal pour parfaire mes payements. Pendant ce délai, j’ai présenté une pétition au département tendante à réclamer : 1° une déduction sur la valeur du quart revenant à la nation, à raison de l’usufruit du quart accordé à ma mère par la loi du 21 prairial an 3, lequel usufruit doit porter également sur toutes les portions ; 2° une déduction à raison des reprises de ma mère sur la fortune paternelle ; 3° une déduction à raison des dettes passives de la succession ; 4° une déduction à raison du prix du mobilier vendu et dont la restitution a été ordonnée. L’administration par son arrêté m’a accordé un délai de décade pour, dans led. délai, produire tous les titres à l’appuy de mes réclamations.


Annotations de Pierre Bourcheix :
(1) – Seille : Sorte de récipient à oreilles ou tonneau servant à porter le vin du pressoir dans les cuves. En Auvergne, on utilise aussi une bacholle, sorte de récipient à oreilles servant à transporter la vendange.



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