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lundi 27 octobre 2014

Prédictions sur la Guerre 1914-1918

Un livret étonnant découvert dans les archives de l'une de nos adhérentes !
Il a été imprimé à Clermont-Ferrand en 1914.
Les mages disent tout : vrai ou faux ?...

Cliquer sur les pages pour les agrandir


© - Cercle généalogique et historique d’Aubière (M.-J. Chapeau)




vendredi 29 août 2014

Saint-Loup - Un poème de Jean Brugière



La Fête Patronale

C’est la Saint-Loup, bien sûr !
Pour son 145ème anniversaire, elle est consacrée aux enfants. Vous trouverez le programme en fin de page.
Comme d’autres Aubiérois du XXème siècle, Jean Brugière fut vigneron et poète ! Mieux ! Jean Brugière s’adonna aussi à l’histoire locale à la fin de sa vie. On lui connaît notamment « L’histoire de la commune d’Aubière ». Aucun de ses écrits n’a jamais été publié. C’est en 1915 qu’il écrit « Poèmes aubiérois » dont est extrait le texte qui suit : La Fête Patronale. L’office religieux dans tous ses détails…


Le jour de la Saint-Loup, à l’église on se presse.
Très nombreux sont les gens venus à la grand’messe
Et les croyants jeunes ou vieux
Se mettent à genoux, en entrant, priant Dieu.
Et monsieur le curé qui commence l’office
Ce jour est assisté par quatre enfants novices,
Les quatre enfants de chœur
Portant calotte rouge et l’habit de rigueur.
Et tandis que le prêtre officie à voix basse,
Mes yeux sont attirés par des rayons qui passent
Du côté de l’abside à travers des carreaux.

Ces rayons de soleil font briller les vitraux
Et devant l’Enfant-Dieu et la Sainte famille,
Maintenant les joyaux des rois mages scintillent
De ces rois mages qui sont venus louanger
La mère de Jésus. L’étoile des bergers,
Que l’on voit tout en haut du ciel, en perspective,
Semble briller aussi d’une clarté plus vive.

Église Saint-Martin d'Aubière - le choeur

J’ai maintenant les yeux fixés sur les décors
Et suivant les piliers jusqu’au milieu des cintres,
Je vois tous ces travaux que viennent de faire les peintres
Et je vois le ciel bleu parsemé des étoiles d’or.
Et mes yeux se promènent
Sur tous les grands vitraux où je vois Sainte Philomène
Et puis Sainte Marie, ensuite, Saint Joseph.
Bien accrochés à ces hauts piliers de la nef,
Comme magnifiés par la clarté des lustres,
En leur geste sacré, je vois nos saints illustres :
Saint Roch et Saint Verny, Saint Michel et Saint Jean.

Le prêtre officiant a pris la chasuble d’argent,
Les enfants de Marie entonnent des cantiques,
L’harmonium accompagne, en ce jour de gala,
Toutes ces voix d’enfants jeunes et angéliques
Semblent alors nous transporter dans l’au-delà.

Tout fidèle Aubiérois assiste à la grand’messe ;
À l’élévation tous les hommes se dressent,
Deux enfants de chœur agitent l’encensoir,
Le chœur est si bondé qu’à peine on peut s’asseoir.

Les hommes habillés de leur plus beau costume
Bleu foncé, gris ou noir, variés comme il est coutume ;
Devant la nappe blanche de l’autel ;
Donnent à cet office un ton imposant, solennel.
Au milieu de la nef, voici que la musique
La Gauloise nous joue un morceau de Mozart.
Cette harmonie enchanteresse et magnifique ;
Ce chant religieux est un chef d’œuvre d’art.

Et dans la nef, les jeunes femmes, les fillettes
Toutes en très grandes toilettes
D’une mise élégante et qui sied à ravir.
Certes ! un nouveau Pâris, ici pourrait choisir
En leur robe de laine, en leur robe de soie,
Leur robe de velours, leur robe de satin
Grisent ces beaux enfants et dans leurs yeux mutins,
Au moins de la plupart on voit briller la joie.
Cette élégante en sa robe d’un beau velours,
Le croiriez-vous qu’on la voie aux champs tous les jours. (1)

Toutes ces fillettes parées,
Dans leur cerveau, certes ! aucun souci ne se glisse.
C’est notre jeunesse dorée
Qui vit encore en ce beau Jardin des délices.

Les femmes d’âge mûr et les bonnes grand’mères,
Quoique très bien ont une mise plus sévère.
Pour leur toilette, elles ne font guère de frais.
Avec leur bonnet blanc gaufré
Et leur corsage noir : tout leur vêtement sombre ;
Sinon toutes, du moins, c’est bien le plus grand nombre.
Et de leurs sentiments, maintenant, est banni l’orgueil.
Beaucoup d’elles portent le deuil.
Celle-ci, c’est de ses enfants ; celles-là, c’est de son mari.
Ces peines-là mettent parfois les cheveux gris.
Et les beaux jours s’en vont et puis l’espoir s’envole.
Alors, c’est l’église qui les console.
C’est là qu’elles vont prier Dieu
Pour leur chers disparus : leurs enfants ou leur pauvre vieux.

On vient d’ouvrir la grande porte,
La messe est terminée et voici que tous les gens sortent.
Tandis que dans notre clocher bâti de lave,
Les deux cloches envoient leurs sons majestueux et graves
En sonnant à toute volée ;
La foule, alors, tout doucement s’est écoulée.

Jean Brugière devant sa bibliothèque
(Collection Bayle-Brugière)

Jean Brugière (1869-1945)

Note de J.B. :
(1) - A cette époque, les jeunes mariées aubiéroises avaient la réputation de porter des toilettes de haut prix achetées à la Maison Toissot et Grasbaunn à Clermont-Ferrand.


La saint-Loup 2014

Avant la rentrée… on s’éclate !

Le programme !


N’oubliez pas votre « Vigneronne » chez tous les boulangers d’Aubière !

© Cercle Généalogique et Historique d'Aubière

A voir aussi : C’est la saint-Loup !



jeudi 30 janvier 2014

Passeports pour voyages en tous genres



Un décret du 10 Vendémiaire An 4, institua un passeport pour l’intérieur, qui fut complété par ceux du 18 septembre 1807 et du 11 juillet 1810. Ce document était nécessaire pour sortir du canton où l’on était domicilié. Il est tombé en désuétude vers 1860.
Aux Archives départementales du Puy-de-Dôme, dans la série M, sous les références M 344 à M 353, on trouve les registres concernant la délivrance des passeports nécessaires pour se déplacer hors de la Commune de résidence, même pour des destinations relativement proches.
Comme ces registres sont pour l’ensemble du département, on peut comparer les mouvements de population suivant les secteurs et les professions. Et, parmi ces dernières, certaines en étonneront beaucoup…

Après avoir consulté ces registres, sans toutefois avoir fait de statistiques, on peut en tirer quelques conclusions.
Pour le département, la région de Saint-Jean des Ollières, au sud de Saint-Dier d’Auvergne, a été probablement le point de départ du maximum de travailleurs pour aller exercer leur métier, temporairement, dans beaucoup de régions françaises, parfois lointaines. La profession qui remporte la palme est sans contestation les "scieurs de long", parfois nommés "Scieurs de long bois", avec les petits métiers annexes tels que ramasseurs... Une étude et un livre ont été faits sur cette profession (La Grande Histoire des Scieurs de long -1996- par Annie Arnoud, 2 tomes). Il y a aussi, au départ de cette partie du département, pas mal de "colporteurs", marchands ambulants de produits divers, d’images, de chapelets ou de lacets, des ramoneurs, etc…

Un autre point particulier semble être, à l’opposé de ces déplacements en nombre, non en groupe, c’est le peu de voyageurs au départ des communes vigneronnes, car la vigne donne du travail à ceux qui l’exploitent, tout au long de l’année, et de ce fait réduit la nécessité des émigrations temporaires. Seuls les déplacements pour affaires, familiales ou commerciales, font l’objet des demandes de passeport.

Des tondeurs de drap jusqu’aux pèlerins pour Jérusalem
La quantité de passeports délivrés est très variable, probablement en fonction de la situation du moment ; ainsi, entre le 4 mai 1811 et le 27 novembre 1813, 2.620 passeports ont été délivrés, tandis que, entre le 10 juin 1817 et le 24 octobre 1821, il y en a eu 12.641.
Dans la désignation des professions des demandeurs, on peut noter des métiers actuellement disparus ; ainsi on trouve des repasseurs de rasoirs, des tondeurs de drap (1), des conducteurs de patache (2), un marchand de cantiques, un "conducteur des équipages de trésorerie à l’armée d’Italie" et un "entrepreneur des étapes et convois militaires", aussi un "cotelinier" (3) (Jean Cougout, d’Aubière).

Le registre M 349 comporte, en avril 1816, toute une série de passeports, délivrés par Clermont, pour des chaudronniers, originaires du Cantal ou de la Corrèze, pour se rendre, soit dans les Ardennes, la Meuse, la Somme, et la Haute Saône, et une autre série à destination de Vitry, dans la Marne. Cette série de chaudronniers comprenant plusieurs fratries, des frères Guillaume et des frères Papon, au départ de Trémouille, les demandeurs, ayant entre 16 ans et 60 ans.
Il y a aussi les étudiants pour rejoindre leurs universités, tels Jean Foulhouze d’Aubière, étudiant en droit à Paris (futur notaire et maire d’Aubière) et François Cristal de Cournon, également étudiant en droit à Paris, tandis qu’un dénommé Achil(le) Baticle, d’Aubière est étudiant en chirurgie à Nismes (Nîmes).

Un Ceyratois, Martin Batisse, et sa sœur, vont à Jérusalem, en pèlerinage.
Les "voituriers" sont aussi des demandeurs de passeport. Soit que ce soit leur activité permanente ou pour des transports saisonniers (livraison de vin et fret au retour ?).

En ce qui concerne les passeports délivrés par Aubière, nous avons relevé, entre le 24 octobre 1821 et le 14 février 1826, parmi les 38 documents délivrés : 15 pour Paris, (dont l’abbé Parrique, curé d’Aubière), 1 pour Vezoul (Guillaume Gioux, 51 ans), 2 pour Toulouse.

En dehors de ces Aubiérois, 35 scieurs de long sont partis de Saint-Jean des Ollières en août 1824. En 1806, 35 passeports ont été délivrés par Aubière dont la majorité pour circuler dans le département, sans précision, mais aussi pour Moulins, Orléans, Aubusson et Limoges (Martin Aubény, marchand de vin, Amable Barbecot et Louis Baile). (4)
En l’An 11, le 15 Floréal (5 mai 1803), Martin Aubény (22 ans) demande un passeport pour Aubusson, Pontaumur et autres, "pour vendre son vin", et Pierre Randanne, hussard à la 2ème compagnie du 8ème régiment, se rend à Paris, le 14 nivôse An 11 (4 janvier 1803).
En 1823, de nombreux habitants de Gelles partent pour Lyon, avec maçon, pour profession. Très peu de "voituriers" font partie des demandeurs de passeports. Les destinations sont en majorité Paris et Lyon.

Souche du passeport pour l'Aubiérois Jean Oby,
voiturier en partance pour Limoges en 1808
(Archives communales d'Aubière)

Des Aubiérois aux États-Unis d’Amérique
Plus tard, les destinations demandées étaient en général hors de France, pour des raisons très diverses :
En 1868, le 28 mars Hyppolite Renoux, administrateur des Hospices de Clermont, part pour les États Pontificaux, en voyage d’agrément ; tandis que Antoine Dourdouille, 16 ans, garçon d’hôtel, de Beaumont, part le 8 octobre 1891, pour San Rémo faire la saison d’hiver, et que Michel Faure, 22 ans, tailleur à Aubière, va à Lausanne "pour y exercer sa profession", le 10 juin 1872. Marguerite Randanne, veuve Vazeille, Aubiéroise sans profession, demande un passeport pour émigrer à Cincinnati (U.S.A.), "où elle a une propriété".
Le 25 mars 1896, Ligier Sibert, cultivateur à Aubière, et Ligier Mazen, également cultivateur aubiérois, vont en Suisse, "pour affaires de famille".
Le 1er avril 1916, Louis Bernard Maradeix, 61 ans, de Beaumont, prend un passeport pour les États-Unis, "pour affaires". (5)
Le 12 octobre 1850, François Delonchambon, cultivateur d’Aubière, demande un passeport pour la Californie, "pour affaires de commerce".
Un Clermontois, Pierre Martin, maçon, demande, le 27 mars 1890, un passeport pour l’île de Samos, dans les Cyclades, "pour y travailler".
Le 15 avril 1915, Mlle Babillon (Pauline, Juliette), 24 ans, lingère, part en Italie, "pour procéder à son mariage", et le 13 décembre 1916 Antoine Avel, 61 ans, souhaite aller en Angleterre, "pour voir son fils en permission".
Le 2 septembre 1918, Adrien Pouchol, 33 ans, demande un passeport pour Casablanca, où il exerce la profession de "conducteur de travaux du P.L.M.", et, toujours en 1918, le 4 octobre, Etienne Taillandier, 41 ans, employé Michelin, part pour Turin.

Dans le registre M 353, nous trouvons un passeport délivré le 29 janvier 1857 à Michel Roche, d’Aubière (6), condamné politique, interné à Rodez, pour se rendre à Rodez, "avec secours de route" ; et Jeanne Barbecot, concierge, a un passeport gratuit, le 17 novembre 1870, pour se rendre à Blois.

Des conscrits en vadrouille…
Le registre M 346, concernant les passeports délivrés dans le département, entre le 31 octobre 1806 et le 26 avril 1809 est intitulé : Passeports des conscrits. Une majorité de demandes comporte la mention : "Conscrit réformé" ou "Conscrit remplacé" ; ce sont en général des voituriers (Martin Aubény, Amable Barbecot, Guillaume Arnaud, Michel Gioux, Joseph Jallat, Guillaume Pignol, Martin Baile Varillat..., tous d’Aubière) qui désirent se rendre soit à Aubusson soit à Limoges.

En dehors des Aubiérois, des Clermontois partaient aussi pour la Californie et les déplacements pour "voyages d’agrément" étaient assez fréquents.

On trouve aussi des demandes de passeport dans les dossiers 1 C 1713 et 1 C 1714, concernant l’Auvergne, au sens plus large, comprenant notamment le Cantal.
Ainsi, dans le dossier 1 C 1713, j’ai relevé en 1778 : André Falateuf, vigneron de Romagnat, désirait se rendre à Paris ; Jean Fargeix, jardinier de Romagnat, demandait un passeport pour se rendre à (Rouen ? - mal écrit) ; tandis qu’un tireur de meules (7) de moulin de Saint-Jean des Ollières partait pour Chatellerault, dans la Vienne. Sa demande de passeport était accompagnée d’un certificat du curé, légalisé. Même chose pour un habitant d’Espinchal (63), marchand de soufflets. Et en 1777, Etienne Pezant de Chanonat, partait pour Paris ...entre autres.

Dans le dossier 1 C 1714, en 1780 : le Sieur Antoine Cassière, bourgeois, de Clermont, demandait un passeport pour aller à Limoges, tandis qu’un dénommé Jean Golfier de Clermont se déclarait ouvrier en parasol, et que Jean Chapot, originaire d’Aubusson, habitant Clermont et apprenti horloger, désirait aller à Paris.
Le 4 mai 1782, Simon Cussat-Blanc, laboureur de Ceyrat, partait pour Versailles, à cause de la Commission du grand sceau du 28 février 1782.
En 1782, et le 27 décembre, Jean Roche, de La Chapelle d’Alagnon (15), quêteur de N.-D. de la Trinité, pour racheter les captifs, voulait aller au Puy-en-Velay. Sa demande de passeport était accompagnée d’un certificat du Subdélégué. Également, Pierre Roche, de Murat-sous-Bredon, désirait aller au Puy.

En novembre 1782, 12 passeports, pour se rendre à Saint-Malo, étaient délivrés à des habitants de Saint-Alyre-ès-Montagne. En 1784, Antoine Cournol, de Romagnat, demandait un passeport pour aller à Paris, avec un certificat de Mr de Chanonat ; et Jean Boatier, de Ceyrat, scieur de long, faisait une demande pour La Rochelle, avec un certificat du curé.
En 1785, Michel Vidal, vigneron, de Ceyrat, partait "dans le Berri" ; et, en 1789, Jean Saraude, de Saint-Alyre-ès-Montagne, se déclarait "escamoteur". (8)
La même année, Jacques Grangier, "gagne-petit", d’Église neuve, partait pour Rouen, avec d’autres "gagne-petit" ; tandis que Annet Valentin, d’Ambert, garçon bridier (9), partait pour Saint-Flour, son passeport demandé avec une attestation du Sieur Chapeu (?), bridier à Clermont.

Notes :
(1) – Tondeurs de drap : le drap après avoir été lainé et séché, devait être tondu à plusieurs reprises, et cette délicate opération constituait le privilège d’une communauté spéciale, celle des tondeurs.
(2) – Patache : voiture de transport, non suspendue.
(3) – Cotelinier : faiseur de coteline, sorte d’étoffe de fil et de coton. Tisserand.
(4) – M 344.
(5) – M 352.
(6) – Michel Roche, futur maire d’Aubière.
(7) – Tireur de meule : faiseur de meule.
(8) – Escamoteur : ancêtre du prestidigitateur, que l’on appelle aujourd’hui illusionniste.
(9) – Bridier : ouvrier qui fait les brides (harnais placé à la tête du cheval).


© - Cercle généalogique et historique d’Aubière (A. C.)