Actualités


mardi 31 juillet 2012

Journal économique de Jean-Baptiste André - 20


1790-1842

Toutes les semaines retrouvez ce document exceptionnel

Épisode 20
Avril 1792


Avril 1792
[Page 23]

Prix des denrées : bled 35£ ; froment 40£ ; vin 6£ ; chanvre vendu 60£ le quintal

1- On a affermé à Martin Mazin le monsieur (1) et Jean Noellet la première herbe du petit pré Rougier et des 4 lites au-dessous moyennant 240 £.

2- J’ai présenté une pétition au département pour être maintenu en possession du terrain des Ramacles et d’une portion de la garenne que la commune m’a disputée de voie de fait.

3- Une coupé et demie de terrain a produit trois quartons de maïs ou bled de Turquie.

4- On a mesuré le bled qui est dans le grainier, il y en a 15 septiers et 12 à Clermont qu’on garde pour la maison.

5- Le département a répondu à ma dernière pétition qu’ayant fait une adresse générale pour le maintien des propriétés, il n’avait rien de plus à faire et il a renvoyé par devant les tribunaux.

6- Par décision du juré du 16 de ce mois, il a été jugé qu’il n’y avait pas lieu à accusation contre les deux maréchaux et le nommé Vedel ni contre aucun autre.

7- On a fait arracher deux jeunes noyers qui étaient au milieu de la grande terre.

8- Il a fait une gelée dans la nuit du 21 au 22 qui a beaucoup endommagé les vignes et les noyers.

"Le charron qui avait affermé..."

9- Le charron qui avait affermé la maison près du fossé a subrogé en son lieu et place Gilbert Oby le courtier. Je dois faire mettre des barres de fer aux fenêtres du côté du fossé.

10- J’ai présenté une pétition au département où, en relevant les erreurs de l’arrêté du conseil général de la commune d’Aubière, je demande, qu’aux termes de la loi du 30 mars 1791, on m’adjuge la moitié de la valeur de mes dixmes pour être employées en acquisition de biens nationaux.

11- J’ai écrit au district pour demander la liquidation d’un cens et droit de lods qui m’est dû sur une vigne de 4 œuvres située à Pérignat et possédée cidevant par le curé. Par ordonnance du 2 janvier, j’avais été renvoyé jusqu’après la vente.

12- J’ai fait faire un careau de plus dans le jardin et bêcher tout le fossé. J’ai fait tirer les allées dans la partie où j’avais fait faire le canal, et semer les bordures en fèves.

13- J’ai fait emporter à Clermont la plus grande partie de mes pots à fleur et j’ai fait mettre le surplus en pleine terre dans les plates bandes du parterre.

14- On a ressuivi les murs des champs voisins qui emploient beaucoup de chaux. J’ai payé les maçons 22 sols en assignats. Ils veulent être augmentés.

15- On laboure dans la partie de la grande terre qui est en guéret au-dessus de l’endroit où on doit faire la rase. On la ensuite labourée toute entière.

16- On a vendu à Clermont la verge du pré Rougier que l’on avait fait cueillir à moitié au prix de douze sols le journal, et celle du fossé au prix de quinze sols.

17- On a affermé à Jacques Monier quatre lites du pré Rougier, au-dessous de celles qui sont déjà affermées à Mazin et Noellet, moyennant cent livres la première herbe seulement.

[Pour situer le pré Rougier sur le cadastre de 1831]

18- L’eau étant trop basse pour entrer dans les prés, il a fallu encore élever la chaussée (2) et la bien garnir de sable pour ramasser toute l’eau. Il faut avoir soin d’envoyer quelqu’un pour ôter l’eau de crainte qu’on ne dérange cette chaussée qui n’est pas très solide. Si on nettoyait le ruisseau, il serait à propos d’y mettre des agages.

19- Depuis la gelée on a mis le vin de la taverne à quinze sols la quarte en argent. On en vend peu en détail. On ne veut finir, quant à présent, que la pièce qui n’est pas encavée.

20- Il s’est fait dans ces derniers temps bien des dommages dans les héritages. On coupe des branches d’arbres, principalement vers le haut de la garenne ; on a pelé des arbres de vergnes ; on maltraite les pommiers ; les dimanches surtout on va au pré Rouger et on y foule l’herbe ; on a menacé ceux qui voulaient l’affermer en disant que l’on voulait y mettre tout à bas s’il y avait guerre. On fait fermer à clef pendant le jour la porte du village et il ne passe plus personne dans la cour. On a mis un verrou à la petite porte du jardin, et à la grande on a mis la petite serrure du côté de la cour.

21- Les chiens ayant mordu un homme dans la cour, on a voulu s’en plaindre et prétendre qu’on l’avait fait faire exprès. On aura soin par rapport à cela de fermer les dimanches les chiens dans la grange pour qu’on ne les empoisonne pas.


Annotations de Pierre Bourcheix :
(1) – Le monsieur : dans certaines régions on appelait le Monsieur le porc à l’engrais, mais, ici, c’est un sobriquet. Y a-t-il un lien ?...
(2) - Chaussée : remblai en terre sur le bord d’une rivière, pour contenir l’eau.



En savoir plus sur le Journal économique de J-B. André > Retour à l’épisode 1


vendredi 27 juillet 2012

Transaction VI (1689)



Ceci est valable pour toutes les transactions à suivre :
Pour faciliter les recherches des diverses contestations, nous avons ajouté un titre à certains paragraphes : ces titres sont en gras et en italiques.
Les notes ajoutées par le cercle généalogique et historique d’Aubière (C.G.H.A.) sont en italiques et entre {}.

Les droits seigneuriaux à Aubière
Recueil de documents concernant les contestations dont ils furent l'objet
(1422-1789)

Four banal
  
VI. - 1689, 7 janvier. - Requête à l'intendant par la dame d'Aubière, pour répondre à celle des habitants, en date du 19 octobre précédent. Ordonnance de soit communiqué (1)

[1] Monseigneur Monseigneur Desmarest, chevalier, seigneur de Vaubourg, baron de Cramaille, conseiller du roy en ses conseilz, maistre des requestes ordinaire de son hostel et intendant de justice, police et finances en la generalité de Riom et province d'Auvergne.

[2] Supplie humblement Gilberte de La Roche Brian, veuve de messire François Montagnat, vivant seigneur des Lignères et autres places, dame du lieu et parroisse d'Aubière: disant que le 13 novembre 1688 les habitantz dud. lieu lui ont faict signiffier une requeste par laquelle ils font cognoistre leur obstination à vouloir contester la redevance qui est deue à lad. suppliante d'une somme de trente livres par an pour raison d'une baille personnelle appellée de Toussain et, non contentz de s'attacher à combattre son titre, ils ont formé des demandes incidentes contre elle, dans la seule veue de la facher et de l'inquieter.

[3] (Taille de la Toussaint. ll n'est pas exact qu'elle ait aucun rapport avec la taille royale ; c'est une redevance seigneuriale, comme il en existe beaucoup d'autres, et dont il serait vain de discuter l'origine, en vue d'en subordonner le paiement à certains services ou avantages Elle est suffisamment fondée sur la transaction de 1496, qui n'a pas besoin d'être homologuée.) - - -.

[4] (Remise des clés au seiqneur une fois l'an. Cette clause a été mal interprétée : la garde des murailles et des portes appartient aux seigneurs :) - - - mais, les ayant laissées entre les mains des consuls, pour la commodité des habitans, ils se sont reservés un droit de superiorité, et c'est pour cela que les consulz sont obligés de remettre les clefs des portes tous les ans entre les mains du seigneur. - - -

[5] (Pacage. Le Pré Rougier "a porté revivre de tout temps". Par conséquent, aux termes de l'article 4 du titre 28 de la Coutume d'Auverqne, il "est deffensable après le premier foin jusques a ce que le revivre soit couppé". II n'est pas dit dans la transaction de 1496 que les seigneurs d'Aubière ne pourront avoir "autre chose qui soit deffensable" que leur enclos. C'est une prétention insoutenable que de vouloir exiger que le Pré Neuf, ”converty en terre labourable”, soit remis en nature de pré.) Il est encore parlé d'un autre pré appelle Pré Long. Mais le pré n'appartient pas à lad. suppliante, mais il appartient au sieur Guerrier. --- L'enclos de lad. supliante, qui renferme son chasteau, jardin, verger et sa garene est en partie clos (2) de murailles et en partie d'hayes vives le long du ruisseau qui passe du costé de midy, entre led. enclos et un grand pré appartenant à lad. supliante. La plus grande partie dud. enclos est fermé de murailles et l'autre partie, qui est du costé de midy, est une haye. Les murailles sont en très bon estat et non abbatues, comme il est supposé ; et sans doute qu'il est aisé à croire qu'elles sont en bon estat, puisqu'elles sont abboutissantes sur le grand chemin public, qui donneroit occasion à tout le monde d'y entrer, si elles estoient abbatues. Mais lesd. habitans, qui sont malins au dernier point, se prevalant du costé qui est seulement clos d'haye, y font des ouvertures en differens endroiz, de jour et de nuict, afin de donner entrée à leur bestiaux dans la garenne de lad. supliante qui est aboutissante de ce mesme costé, et c'est ce qui donne lieu à lad. supliante de faire prendre et capturer leurs bestiaux. - - -

Four banal.
[6] Lad. supliante n'estant pas proprietaire dud. four ---, attendu qu'il appartient au sieur de Chauvance, son fils puisné, auquel il fut donné par son ayeul, - - - c'est mal a propos qu'ils ont formé contre elle cet incident. - - -

[7] (Corvées. La suppliante "desnie formellement" avoir exige trois journées de ceux qui n'ont que des vaches. Mais les habitans ne "satisfont pas a leur devoir" :) Ceux qui ont des bœufs et des vaches ensemble se servent des vaches au lieu des bœufs pour donner à la supliante une journée et demy de vaches ; et encore, soit pour les vaches ou pour les beus, ils ne remplissent pas les journées dans leur entier, n'allant au travail qu'à huit ou neuf heures du matin et s'en retornant plus d'une heure avant soleil couché, travaillant avec beaucoup de lenteur et peu d'exactitude --- (Quant a la nourriture, il n'en est pas question dans la transaction de 1496.)

[8] (Le droit de la suppliante au quart du bois mort, de la retaille et des fruits est établi par la transaction de 1496 et par ses terriers.)

[9] (Pour ce qui est de "faire loger son vin dans ses caves par lesd. habitans", ils l'ont toujours fait sans réclamer et c'est un droit qui lui est acquis "a cause du laps de temps, qui vaut titre et droit constitué par la coutume".)

Charroi du foin.
[10] Lesd. habitans estant tenus de porter le foin et de l'aller prendre dans les prés de lad. supliante, lorsqu'il est en estat d'estre ameublé, il est evident qu'ils sont tenus de le mettre sur les chards, comme ils sont tenus de le descharger quand les chards sont arrivés au devant desd. granges, estant visible que l'un et quasy inseparable de l'autre et que le mot de porter les foins renferme celuy de les charger et de les faire descharger. - - - (Quant à la nourriture, il n'en est pas question dans la transaction de 1496.)

Chemin clos par la dame d'Aubière.
[11] Elle a fermé ce chemin de l'adveu verbal desd. habitans, qui leur estoit inutille et peu profitable à lad. supliante, ne l'ayant fermé que pour eviter le dommage que les bestiaux faisoint dans un petit jardin qui luy appartien, joignant aud. chemin du costé de nuict, ce qui est de si peu de consequence et lad. suppliante en fait si peu de cas qu'ayant sceu que lesd. hahitans vouloint par leur requeste reprendre led. chemin après l'avoir accordé, elle a remis les choses au premier estat et fait osté un bout d'haye sèche qui fermoit le chemin aux deux extremités d'iceluy.

[12] Ce consideré, Monseigneur, il vous plaise luy donner acte de ce qu'elle employt la presente requeste pour repliques aux deffenses desd. habitans et pour deffenses a leurs demandes incidentes, ce faisant, luy adjuger ses fins et conclusions sur la demande principalle et debouter lesd. habitans de leur demande incidentes avec despens. Et fairés justice. Et signé : Borye.

[13] Veu la presente requeste, nous ordonnons qu'elle sera communiquée aux consulz et habitans de la paroisse d'Aubière, pour y respondre dans huictaine. Faict à Clermont, le 7 janvier 1689. Et signé: Desmarest de Vaubourg. Et plus bas : par monseigneur, Dezirard.
Pour coppie. (Signé :) BORYE.

[14] Signiffié, deslivré coppie de lad. requeste et ordonnance à Me Gilbert Tiolier, procureur de partie adverse, le dix. janvier 1689.
(Signature non déchiffrée.)

Annotations de la transaction VI des droits seigneuriaux à Aubière :
(1) B. Copie signifiée au procureur des habitants d'Aubière, papier timbré, 4 fol. : A.C., FF. 4, n° 9
(2) clos om. B.



Vers Transaction V   <>   Vers Transaction VII



mardi 24 juillet 2012

Journal économique de Jean-Baptiste André - 19


1790-1842

Toutes les semaines retrouvez ce document exceptionnel

Épisode 19
Mars 1792


Mars 1792
[Page 22]

Prix des denrées : seigle 22£ ; froment 26£ ; vin vendu 11 s la quarte.

1- Il a été décidé au bureau de conciliation que les thiers du fruit à perpétuité sur lesquels on s’était réservé la dixme par … de comission n’y était pas plus sujets que les autres héritages quand on était décimateur du … Elle a été décidé par rapport aux vignes des thiers de la foissas.

2- On fait couper à moitié la verge des arbres à mayère du pré Rougier. Ceux qui les coupent sont Jalut, Momy le bousat, Victor Brugière, Jacques Mazin.

3- J’ai fait planter des poiriers en espalier dans le fossé au nombre de … [en blanc] moitié mi-tige et moitié nains, à la distance de dix pieds l’un de l’autre. Je marquerai les espèces par ordre de nuance quand le bois aura poussé. J’ai fait retailler les arbres par la marte.

4- On a fait les rases du pré Rougier, émotté (1) et détaupieré [?].

"...un détachement de quarante dragons..."

5- La nuit du onze au douze a été celle où on a abattu la porte de fer et le clairevoie du haut de la garenne et abattu les arbres des Ramacles. Les commissaires du département et du district s’y sont transportés le lendemain, ont dressé procès-verbal. Le juge de paix a informé et rendu trois mandats d’arrêt, et un détachement de quarante dragons de Penthièvre et dix hommes de la gendarmerie s’y sont aussi transportés avec les commissaires. Dix-huit y sont restés pendant 20 jours. Nous avons fait signifier conjointement avec Mr Maugue et Mr Blau une réquisition à la municipalité à l’effet de la rendre responsable des évènements. Nous avons aussi présenté une pétition au département, signée de plusieurs autres propriétaires. Nous prenons le parti de faire murer la porte et le clairevoie en mêlant du verre dans la chaux. Les arbres des Ramacles ont été volés le lendemain malgré la présence de la garde. Tout est dans la plus grande agitation. Mr Bonavine, directeur du juré, a fait entendre un grand nombre de témoins. Il paraît qu’ils ne veulent rien dire. La gendarmerie est venue pendant la nuit faire perquisition ; ils n’ont pris personne. La tranquillité s’est un peu rétablie. J’ai fait mettre une porte double à côté du grand portail ; j’ai fait élever le mur de la cour du côté de chez Maumy ; j’ai fait faire un mur en pierre sèche à l’entrée du fossé, doubler la petite porte qui est du côté de midy et bâtir celle qui donne dehors, fait crépir l’extrémité du mur de la terrasse.

6- On a fait reprendre les fondements des murs de la garenne et du pré Rougier à l’endroit où l’eau avait creusé ; on y a arrangé le chemin. On fera un mur en travers pour empêcher l’eau de creuser encore. J’ai fait aussi resuivre les murs des champs voisins.

[Pour situer les champs voisins sur le cadastre de 1831]

7- On a resuivi les maillots qui manquaient dans le plantier, fumé, taillé, fossoyé et échalassé la vigne, fossoyé la verge, détaupiéré les prés, fait une chaussée en haut du pré Rougier pour y faire entrer l’eau.

8- On vend à Clermont le vin en taverne à onze sols la quarte, tout en argent. On y vend aussi l’huile à douze et treize sols la livre, également en argent.

9- J’ai fait planter en asperges les deux grands careaux du parterre ; semer trois careaux de pommes de terre dans le jardin, et de trois espèces ; semer des lentilles au pré Rougier et le long de l’allée des noyers ; semer un careau de scorsonères (2) et planter deux en oignons, un en … jaunes et blanches, un en petits pois, deux en bled de Turquie et le surplus en fèves.

10- Des gens de Lempdes ont arraché les jeunes noyers que j’avais fait planter au bas de la grande terre du domaine. Ils en ont emportés cinq. Le métayer a replanté les autres. J’ai écrit à ce sujet à la municipalité de Lempdes. On les a depuis arrachés une seconde fois.

11- J’ai fait faire par Terreyre 540 cloux pour attacher du fil d’archal (3) aux murs du fossé. Il y en a pour 76£ sur le pied de neuf sols la livre en assignats.

12- On a fait une estimation à l’amiable des biens d’Oby. Il s’en trouvera assez pour payer tous les créanciers. On les mettra à l’enchère et Mr Dartis fera ensuite la répartition comme arbitre. Nous avons eu une qnée (4) et demie de terre au chambon (5) estimée 300 £.

13- Les héritiers de la Janeton s’étant présentés, on leur a délivré sa succession après qu’ils ont eu établi leur généalogie. Ils ont reconnu l’avoir prise par un acte notarié.


Annotations de Pierre Bourcheix :
(1) – Émotté : du verbe émotter, briser les mottes de terre.
(2) – Scorsonère : plante vivace de la famille des composées chicoracées, dont on consomme la racine noire, et qu’on appelle à tort salsifis. La scorsonère était utilisée comme plante médicinale contre les morsures de vipère. La naissance des feuilles constitue une salade délicate.
(3) – Fil d’archal : fil de laiton.
(4) – qnée : lire quartonnée.
(5) - Chambon : terroir d’Aubière, situé entre l’Artière et les premières pentes du Puy d’Aubière. Aujourd’hui, le Chambon est limité par l’Artière, la rue de Pré-Long, l’avenue Jean-Moulin, la rue du Chambon et la rue de la République (Voir lieux-dits et terroirs).



En savoir plus sur le Journal économique de J-B. André > Retour à l’épisode 1


vendredi 20 juillet 2012

Terrier de 1764_02



Le terrier Tiolier
C’est un registre voire plusieurs reliés ensemble (réalisés entre 1764 et 1790 environ). Il se présente en deux colonnes : l’une pour le numéro de l’article (correspond-il à un numéro identique sur un plan parcellaire ?), l’autre pour désigner la nature de la propriété, bâtie ou non, le nom de son propriétaire, sa profession, son domicile. Le tout par quartier.
Nous poursuivons la transcription.

Quartier du faubourg de la Caire du cotté d'occident en arrivant à Aubière par le chemin de Clermont en passant par la porte de la Caire

Page 4
27-Maison de François Martin habitant d’Aubière.
28-Maison de Jean Degironde dit la coupa mort
29-Victor et Etienne Herbeaud dit baretat, grange et étable
30-Maison d’Antoine Martin dit le blond
31-Maison de Pierre Blanc
32-Maison d’Antoine Blanc chanvre
33-Grange et étable de Mr Jean Cussat bourgeois
34-Cuvage d’Antoine Martin dit le blond
35-Maison et cuvage de Pierre Blanc
36-38 et 39-Mre Ligier Broucheix (sic) prêtre jouis des articles 36. 38. et 39
37-Grange de Sébastien Bourcheix dit le timbaleur
40 et 41-Cuvage et petite maison de Sébastien Broucheix (sic) dit le timbaleur
42-Maison de François Planche le Boughoux


Terrier de 1764 - Page 4
(Archives communales d'Aubière)

Page 5
suitte dud quart. de la quaire

43-Martin Cassière dit Boudol, maison
44-Maison d’Antoine Tarrioux
45-Maison de Guillaume Degironde daoust
46-Maison de Monsieur Cussat bourgois
47-Maison de François Gioux dit Roussel
48-Maison de François Chalameau dit petat
49-Maison d’Antoine Cassière charpentier
50-Maison de Jean Chossidon dit Labrac
51-Maison de Mre Bourcheix prêtre
52-Maison desdits Dégironde daoust frères

Terrier de 1764 - Page 5
(Archives communales d'Aubière)


Sources : Archives communales d’Aubière

Cercle généalogique et historique d’Aubière




mardi 17 juillet 2012

Journal économique de Jean-Baptiste André - 18


1790-1842

Toutes les semaines retrouvez ce document exceptionnel

Épisode 18
Février 1792


Février 1792
[Page 21]

Prix des denrées : seigle 22£ ; froment 26£ ; vin vendu 11 s la quarte.

1- On a encavé à Clermont sept pièces de vin. Il en a coûté six francs pour les encaveurs. Les autres quatre se mettent dans le 1er cuvage pour être vendues de suite en taverne au prix de 11 sols la quarte.

"On a encavé à Clermont..."
 
2- J’ai reçu par le district une ordonnance du département qui enjoint à la municipalité d’Aubière de donner ses observations sur la dixme dans quinzaine et la blâme de ne pas les avoir donné plutôt. A cela est joint une lettre qui nous autorise à faire signifier cette ordonnance à la requête de Mr le procureur syndic du district. On attendra encore quelque temps avant de faire aucune démarche à cet égard.

3- J’ai fait dépierrer et mêler du sable dans la platebande que j’ai faite derrière le canal du fossé. J’ai fait renouveler les buis du parterre et rendre les quarres (1) plus égaux.

4- J’ai fait élever un mur dans le jardin ; il était trop bas.

5- On a été payé des mains de Mr Lavigne, acquéreur de la terre de Vernines, de différentes sommes qui avaient été prêtées à Mrs de Vernines, montant toutes ensemble à 600 £.

"J’ai fait venir de Paris 500 pates d’asperges..."

6- J’ai fait venir de Paris 500 pates d’asperges pour être plantées dans les deux plus grands careaux du parterre. Elles ont été endommagées par les très fortes gelées qu’il a fait environ la foire des provisions (2). J’ai fait venir une once (3) choux fleurs tendre de hollande (1£ 5), une once cardons de Tours (7s 6), 1 once celeri plan blanc (8s), 1 once celeri rose (7s), 1 once choux fleurs durs anglais (1£ 5), 4 paquets […] cantaloups (1£ 4) (4) 1 litron (5) pois marly, 1 pois […], 1 salsifis blanc, tout à douze sols ; 1 litron […] (10s), 1 litron pois francfort (18s), 1 litron pois nain (16s), 1 litron pois nain sans parchemin (10s) (6), 1 litron fèves toujours vertes (12s), 1 once laitue Berlin, une laitue de Versailles, une laitue palatine, une romaine blonde, une romaine maraichère, une romaine […], toutes à 7s 6d l’once ; une chicorée frisée (9s), le tout pour la somme de 24£ et 10£ de port.

7- On a fait faire par Jeannot le menuisier la petite porte du village pleine et en planches de maille ; les mêmes ferrements ont servis.

8- On a planté à Noyers au bas de la grande terre vingt un noyers pris dans la pépinière du jardin ; on y a planté aussi dans le verger dix sept sauvageons et vingt sept dans le pré Rougier.


9- Ne pouvant fumer ni semer la grande terre, étant encore inondée, on a porté du fumier à la vigne après l’avoir chapoulé (7) et de faite on a donné la première saison (8).

10- On a fait porter dans le chemin entre les deux prés la pierraille qui était dans la cour pour remplir les creux que l’eau avait fait.

11- Le département a donné en communication une pétition de la commune d’Aubière à l’Assemblée Nationale au sujet de la liquidation de la dixme, le principal n’y est évalué en totalité que pour la somme de # (9) ; ils ont joint quelques obligations dont la moindre est de 60 charges. Cette pétition est imprimée et elle a été donnée au département par forme de réponse au rapport des experts. On y répondra. J’ai tiré les pancartes (10) du vin depuis 1776.

1776
2£ 12s
77
3£ 7s 11d
78
2£ 5s 8d
79
2£ 9s 2d
80
1£ 15s 1d
81
1£ 4s
82
1£ 4s 2d
83
1£ 10s 1d
84
1£ 1s 6d
85
15s 6d
86
19s 6d
87
1£ 7s 6d
88
1£ 12s 6d
89
3£ 10s
90
3£ 8s 6d
91
[en blanc]

Voici aussi le tableau des affermes (11) depuis 1777 :

7000£
1777
7100£
78
6200£
79
5750£
80
2450£
81
2100£
82
2494£
83
2625£
84
2520£
85
2625£
86
2520£
87
2590£
88
Grêlé
89
2100£
90

12- La nuit d’un dimanche on est venu faire tapage à la porte, jetté des pierres, et on a cassé quelques careaux de vitres.

13- J’ai fait arracher trois vieux poiriers dans la garenne (les piles sont bonnes à faire des planches), et un noyer près du jardin.

14- On a vendu de la verge pour planter à quinze sols le cent.

15- Les sauvageons coûtent cette année 10 à 15 sols la pièce.

16- J’ai fait élever la muraille du fossé du côté de midy en […] et on a crépi par-dessus.

18- J’ai fait répandre dans le jardin du côté de la fontaine le mat provenant du cidre afin d’y faire une pépinière.

19- On a arraché à la vigne deux cerisiers qui ne produisaient rien.

20- Après bien des difficultés sur la mesure, on est enfin parvenu à faire solder les six quintaux d’huile prix de … la meilleure façon sera d’affermer une serve de quarteron tel quel et pour éviter toute difficulté à cet égard.
Les Longchambon faisant difficulté de payer la rente de 60£, leur ai montré le délaissement de l’héritage fait en faveur de mon grand-père et un bail à rente postérieur. Ils ont fini par payer.


Annotations de Pierre Bourcheix :
(1) – Quarres : lire carrés.
(2) – Environ la foire des provisions : sans doute faut-il lire « aux environs de la foire des provisions ».
(3) – Once : ancienne mesure de poids. L’once de France valait 30,59 grammes.
(4) – Cantaloup : melon.
(5) – Litron : ancienne mesure de capacité pour les matières sèches qui valait le seizième du boisseau. A Paris, le litron valait 0,813 litre. Un picotin valait 4 litrons.
(6) – Parchemin : sans la pellicule qui revêt la graine de pois.
(7) – Chapoulé : du verbe chapouler, remplacer les manquants dans les rangées de ceps (terme de Basse-Auvergne).
(8) – Donner la première saison : donner une saison, aérer la terre à l’aide d’un fessou.
(9) – # : ce renvoi en marge n’indique rien.
(10) – Pancarte : Papier affiché qui contenait le tarif de certains droits, pour faire connaître au public ce qu’il devait acquitter.
(11) – Affermes : fermages.




En savoir plus sur le Journal économique de J-B. André > Retour à l’épisode 1


vendredi 13 juillet 2012

Place de la Libération


Histoire des rues d’Aubière

Place de la Libération en 2012

On l’appelle place de la Liberté, place de la Libération ou place de l’église.
On l’appelait autrefois place de la Halle. C’était LA place du bourg fortifié ! L’église la bordait au sud, la halle et donc le marché au nord.
On y tint parfois des réunions, mais, sous la halle, avait lieu le marché, et, à l’époque des travaux saisonniers, chaque matin avant le lever du soleil, avait lieu le rituel de la loue des « sénateurs ».

La Halle aux dix piliers vers 1905
Elle fut détruite à la veille de la seconde guerre mondiale.

C’est sur cette place qu’avaient lieu les assises de justice du seigneur sous l’Ancien régime, chaque année à la Chandeleur. Ce fut aussi, il y a fort longtemps, l’emplacement du premier cimetière accolé à l’ancienne église du XIIème siècle.
Ce quartier a été complètement remodelé ces quinze dernières années. Aucun des bâtiments (église comprise) présents sur le plan cadastral de 1831 (ci-dessous) n'existe aujourd'hui. Certaines maisons reconstruites dans la seconde moitié du XIXème siècle ont été rasées il y a quelques années. De toutes les constructions, entre la rue Bérenger et la rue Saint-Loup, seule l'église (reconstruite en 1855) a plus de 10 ans !

C'était alors (en 1910) la place de l'église
avec le "trou du curé", passage sous le presbytère contre l'église.

Placé derrière l'église, un sarcophage, vestige de la nécropole du Mirondet

Le quartier de la place Fauchère. Disparu aujourd’hui, il était situé entre le château à l’ouest et le quartier de la Halle à l’est. Il jouxtait au sud la cure et l’église du XIIème siècle.

Place de la Halle et quartier de la place Fauchère
(Cadastre de 1831 - Archives départementales du Puy-de-Dôme)

Église et place de la Libération vers 1965

 
© Cercle Généalogique et Historique d'Aubière




La loue des sénateurs



Les « sénateurs » étaient ces ouvriers agricoles des siècles passés qui louaient leur service à la journée quand il fallait bien travailler un peu pour manger ou boire une chopine à l’auberge du quartier.
Ils avaient l’habitude, à Aubière, de se rassembler peu avant l’aube sous la halle où savaient les trouver les agriculteurs propriétaires en manque de main-d’œuvre.
C’est ainsi que les « patrons » s’approchaient de la rangée de ces ouvriers aux épaules larges et musclées, au visage rouge et buriné qui attendaient nonchalamment que l’un d’eux lui adressât ces paroles, une question brève, toujours la même :

- Combien veux-tu gagner ?
- Trente sous, comme hier.
- Alors, viens-t’en !
- Qu’allons-nous faire aujourd’hui ?
- On va faucher.

Quand le patron avait rassemblé tout son monde, la petite troupe s’en allait à pied pour les champs ou les vignes.

"Quand le patron avait rassemblé tout son monde, la petite troupe s'en allait faucher"

La Michalle, une veuve dont l’auberge se trouvait près de la halle, avait été la première à prendre les sénateurs comme pensionnaires. Elle s’était attachée les plus sérieux et les moins nomades en leur faisant crédit les jours de pluie et de mauvais temps durant l’hiver. Leur emploi dépendait en effet non seulement des besoins des patrons et du temps mais aussi de leur propre désir à vouloir travailler.

Les sénateurs aimaient à boire. A tel point que chaque soir certains cuvaient leur ivresse écroulés sur une table au fond d’une auberge. D’autres allaient étaler leur bruyante gaieté par les rues sombres et endormies d’Aubière. Il arrivait souvent alors qu’une fenêtre s’ouvrît et qu’un seau d’eau glacée (ou un vase de nuit) vînt à se déverser sur la tête de ces pauvres bougres.

Durant les saisons où le travail ne manquait pas, leur maigre salaire suffisait à les entretenir. L’hiver venu, ils se voyaient contraints d’aller manger la soupe chez les Petites Sœurs des Pauvres aux Bughes à Clermont.
L’hiver de 1880 fut long et très rude. Aussi la Municipalité d’Aubière organisa un secours dans le corps de garde situé au sous-sol de la mairie. Les sénateurs pouvaient venir se réchauffer auprès d’un poêle et s’alimenter du pain et des pommes de terre qu’on leur distribuait. Cet hiver-là leur fut plus doux.

Pierre Bourcheix